Fabrizio Bei : « Je veux être champion »

Le président du FC Differdange 03 nous a accordé un entretien dans lequel il évoque la saison passée, le mercato, la coupe d’Europe, mais aussi ses ambitions pour le futur de son club.

Vous avez un peu été la surprise de cette saison dernière au regard de votre classement et des concurrents qui, dans l’esprit des gens, étaient peut-être supérieurs à vous… Vous êtes d’accord avec cela ? 

Je suis conscient qu’en début de saison, on n’était pas partis pour être les favoris du podium. Moi j’y croyais, je voyais la qualité de l’équipe, mais c’est sûr que dans l’opinion générale et dans les médias, on ne voyait pas forcément Differdange parmi les premières places. Pour moi, ça n’a pas été une surprise, et ce n’est pas par arrogance, mais j’ai vu la progression énorme qu’on a fait à partir de début décembre, et je dirais même que j’ai des regrets ! 

Pourquoi cela ?

Certains rigolent quand je dis ça, tout le monde était content, et moi le premier, d’être vice-champion, mais j’ai des regrets. Quand je revois le match à Dudelange (défaite 1-0, NDLR), je me dis qu’on aurait dû prendre plus de risques. Ensuite, il y a aussi de la chance et de la malchance. Parfois, ça tourne de notre côté, parfois de l’autre. Maintenant, cette deuxième place est très positive et je suis fier de mes gars.

D’autant plus qu’en début de saison, Pedro Resende nous avait confié que l’objectif de la saison, c’était l’Europe…

Oui, on parle toujours de budget. Il faut faire cela intelligemment, et sur le terrain le budget est l’atout principal, c’est le cas dans la plupart des championnats. On a fait des transferts qui ne faisaient pas forcément la une des journaux. Un Bertino Cabral, qui était dans un placard à Dudelange, est aujourd’hui l’un des meilleurs attaquants du Luxembourg. On travaille comme ça et notre politique de transferts n’a pas changé cette saison. On va engager sept ou huit joueurs dont le plus connu est Guillaume Trani qui vient d’Hostert, mais les autres vous ne les connaissez pas ! On se projette dans l’avenir et ce sont des joueurs qui vont peut-être éclater dans deux saisons. On n’a peut-être pas les mêmes armes que certains clubs, donc il faut faire différemment.

Ça fait bientôt vingt ans que je suis là, et Differdange a quasiment toujours été entre la cinquième et la deuxième place. Il manque la première. Les objectifs sont clairs, d’ici un à deux ans, on veut jouer le titre. Pour cela, on va mettre les moyens financiers, toujours à notre portée, et techniquement, à la portée d’un coach comme Pedro Resende, que j’espère avoir satisfait sur le plan des transferts. 

Vous n’avez pas eu un tirage très clément en coupe d’Europe…

Comme je vous l’ai dit, il faut parfois de la chance, et les autres clubs luxembourgeois en ont eu, tandis que nous, on n’a pas eu de chance. La veille, j’ai vu les groupes, et je me suis dit ‘’tout, mais pas Ljubljana’’ et on les a tiré. Maintenant, je pense qu’on va passer ce tour. Ça va faire rigoler certaines personnes, mais j’y crois. Je sais que c’est très difficile de jouer les clubs de l’Europe de l’Est, mais à armes égales, sur deux matchs, on à nos chances. Ce qui est sûr, c’est qu’on n’ira pas là-bas en touristes.

Vous rêvez d’une qualification européenne ?

Je rêve tous les jours !

La création de l’Europa Conference League pourrait pourtant permettre à des clubs plus modestes d’y espérer encore plus dans les prochaines années…

C’est sûr, et avant Dudelange, on aurait aussi pu se qualifier il y a quelques saisons si on n’avait pas perdu aux tirs aux buts face à Tromso. Quand on se qualifie en coupe d’Europe, on est certes déjà contents d’être là, mais on ne se satisfait plus seulement de ça. À mon époque, quand je jouais la coupe d’Europe, c’était la cerise sur le gâteau, on en prenait dix et on rentrait à la maison. Aujourd’hui, on prépare l’équipe pour passer le tour. On ne joue pas Barcelone, ce sera difficile mais avec un brin de réussite, ça peut le faire. Vous savez, tout compte. Le déplacement, l’hôtel, l’arbitrage, s’il n’est pas trop d’un côté ou de l’autre. Un jour, je suis entré dans un meeting à Bratislava. Il y avait un trio arbitral arménien, de loin je voyais déjà l’étiquette du prix de ses mocassins blancs. Le directeur sportif de l’autre équipe, il m’a dit qu’il avait perdu ses chaussures, j’avais tout compris ! (Rires)

Pour revenir sur le mercato, vous avez perdu plusieurs joueurs, dont Andreas Buch, votre deuxième meilleur buteur la saison passée. C’est une déception de ne pas avoir réussi à le garder ? 

Les joueurs qui sont partis, c’est parce que nous n’étions plus intéressés pour les garder, donc on a cassé leurs contrats. L’entraineur à choisi d’autres joueurs. En ce qui concerne Andreas Buch, on voulait qu’il reste, et il nous avait dit qu’il resterait. Après, les sirènes d’autres clubs ont peut-être fait plus de bruit, mais c’est comme ça. On avait encore la main dessus, mais je ne joue pas au poker, je joue au football. Je ne me mets pas sous pression, c’est la politique de Differdange. Si notre deuxième meilleur buteur part, c’est sûrement parce que l’herbe est plus verte au Racing qu’à Differdange. Je suis déçu, car il nous avait dit qu’il resterait, mais c’est le football. On passe à autre chose, on a pris Pomponi, et Scansano, qui sont deux très bons attaquants. Ils peuvent nous faire beaucoup de bien.

Votre priorité est aussi de recruter des joueurs qui connaissent déjà la BGL Ligue ? 

On n’a pas réussi à faire tout ce qu’on voulait comme transferts de joueurs de BGL Ligue pour différentes raisons : parce qu’ils n’étaient pas libre, que les clubs demandaient trop comme indemnité, parce que le joueur à eu d’autres offres. On a fait pas mal de sacrifices pour Guillaume Trani auprès de Hostert, qui ne voulait d’abord pas le lâcher puis qui a accepté. Maintenant, l’ossature est toujours là et on a changé pratiquement que le milieu de terrain.

Vous avez déjà fixé un objectif pour cette saison en championnat ?

Je ne connais pas un président qui commence le championnat en disant « je veux descendre ». Je veux être champion. Ça parait arrogant, et je sais que les autres équipes comme le Swift, le Progrès, le Racing ont des effectifs étoffés, et que les promus se renforcent de belle façon. C’est un championnat qui sera très intéressant, mais mon objectif à moi, c’est clair, c’est d’être champion.

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