
Les huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026 ont basculé dans une autre dimension ce week-end. Le Maroc a confirmé qu’il n’était plus une surprise, la France a dû s’arracher pour dompter un Paraguay accrocheur, la Norvège a signé l’un des plus grands exploits du tournoi face au Brésil, tandis que l’Angleterre a survécu à un immense combat contre le Mexique dans un Azteca en fusion.
Le week-end promettait du spectacle, il a tenu parole. Entre favoris sous pression, coorganisateurs poussés vers la sortie et monuments du football mondial renversés, ces huitièmes de finale ont offert un condensé de tout ce qui fait le charme d’une Coupe du monde.
Quatre ans après son épopée historique au Qatar, le Maroc continue d’écrire son histoire dans la compétition. Opposés au Canada, les Lions de l’Atlas ont mis du temps à trouver la faille, mais ont fini par s’imposer largement (3-0), avec une maîtrise impressionnante.
Le Canada avait pourtant bien commencé. Portés par leur public et par l’élan d’un tournoi déjà réussi, les coorganisateurs ont longtemps bousculé les Marocains en première période. Mais à force de laisser passer leur chance, ils ont fini par être punis. Azzedine Ounahi, déjà symbole du Maroc version 2022, a ouvert le score après la pause avant de doubler la mise en fin de match. Soufiane Rahimi est venu conclure la soirée dans le temps additionnel.
Sans toujours briller, le Maroc a surtout montré une maturité impressionnante. Celle d’une équipe qui sait souffrir, attendre son moment, puis frapper avec une efficacité redoutable. Le rêve canadien s’arrête là, mais celui des Lions de l’Atlas continue. Et il croisera désormais la route d’un certain voisin français.
Face au Paraguay, les Bleus n’ont pas livré leur match le plus flamboyant. Mais dans une rencontre fermée, hachée et disputée sous une chaleur étouffante à Philadelphie. Et la France l’a fait, au bout d’un combat tendu remporté sur la plus petite des marges (1-0).
Longtemps gênée par un bloc paraguayen compact, agressif et parfaitement organisé, l’équipe de Didier Deschamps a dû patienter. Le déclic est finalement venu de Désiré Doué, entré en jeu et fauché dans la surface après une percussion pleine de culot. Derrière, Kylian Mbappé n’a pas tremblé. Penalty transformé, qualification validée, et un nouveau but dans un tournoi où le capitaine français continue d’assumer son statut.
Ce ne fut pas beau, ce ne fut pas simple, mais ce fut solide. La France a parfois manqué de vitesse et d’inspiration, mais elle a gardé son calme dans un match qui pouvait vite tourner au piège. En quart de finale, les Bleus retrouveront le Maroc, dans une affiche qui sent déjà la revanche de 2022.
C’est l’image forte du week-end. Le Brésil, cinq étoiles sur le maillot, sorti dès les huitièmes de finale par une Norvège héroïque (2-1). Un séisme, un vrai, signé Erling Haaland.
Pendant longtemps, le Brésil a cru pouvoir contrôler son destin. Les occasions étaient là, les individualités aussi, mais il a manqué ce tranchant qui sépare les grandes équipes des équipes qui vont au bout. Bruno Guimarães a notamment manqué un penalty, avant que la Norvège ne fasse payer très cher chaque hésitation.
Et quand la Norvège a eu besoin d’un homme, elle a évidemment trouvé Haaland. L’attaquant de Manchester City a frappé deux fois en fin de match, d’abord pour ouvrir le score, puis pour assommer définitivement la Seleção. Neymar a bien réduit l’écart sur penalty dans le temps additionnel, mais trop tard. Beaucoup trop tard.
La Norvège file en quart de finale et confirme qu’elle n’est plus seulement l’équipe de son buteur star. Elle est devenue une équipe capable de faire peur. Le Brésil, lui, rentre à la maison bien plus tôt que prévu, avec le poids d’un nouveau rendez-vous manqué.
Il fallait avoir les nerfs solides pour sortir vivant de l’Azteca. L’Angleterre les a eus. Dans un match complètement fou, les Three Lions ont éliminé le Mexique (3-2) au terme d’une soirée électrique, longtemps irrespirable.
Jude Bellingham a d’abord glacé le stade avec un doublé express en première période. Deux buts en quelques minutes, et l’Angleterre semblait avoir fait le plus dur. Mais le Mexique, poussé par un public incandescent, n’a jamais accepté de disparaître. Julián Quiñones a relancé la partie avant la pause, puis le match a basculé dans une autre dimension après l’expulsion de Jarell Quansah.
À dix, l’Angleterre a pourtant trouvé les ressources pour reprendre deux buts d’avance grâce à Harry Kane sur penalty. Raúl Jiménez a ensuite ramené le Mexique à un but, avant une fin de match étouffante, où chaque centre, chaque duel et chaque dégagement anglais avait des airs de dernière action.
Le Mexique quitte sa Coupe du monde à domicile avec les honneurs, mais avec une immense frustration. L’Angleterre, elle, poursuit sa route après un match qui pourrait compter dans son tournoi. En quart, elle retrouvera la Norvège. Et après ce week-end, plus personne ne regardera cette affiche comme une simple formalité.
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