Larochette
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08/04/2026

Larochette brise 56 ans de disette et renoue avec l’histoire

Il aura fallu attendre plus d’un demi-siècle pour revivre une telle émotion. En remportant un trophée historique, 56 ans après son dernier sacre en Coupe du Luxembourg, le Basket Club Larochette met fin à une interminable attente et s’offre bien plus qu’une victoire. Ce succès consacre l’histoire d’un club fidèle à ses valeurs, profondément enraciné dans son territoire, et récompense des générations de joueurs, de dirigeants et de bénévoles.

La Loterie Nationale Coupe de Luxembourg 2026 a livré une finale d’anthologie à la Coque. Après une journée déjà dense marquée par un gros week-end de sport, la rencontre masculine venait clore un programme exceptionnel.

L’affiche opposait Ettelbruck, champion national en titre et finaliste malheureux l’an dernier, à Larochette, sensation de la saison, portée par une dynamique impressionnante en championnat. L’arène, garnie de plus de 5.000 supporters, de familles, d’anciens joueurs et de personnalités du sport luxembourgeois, a offert une ambiance digne des grands rendez-vous.

Dès le coup d’envoi, Ettelbruck impose son intensité et les Nordistes, réputés pour leur défense agressive et leur jeu rapide, prennent rapidement les devants. Après seulement quatre minutes, ils mènent déjà 10-2, signifiant clairement qu’ils n’entendent pas laisser filer la coupe une deuxième année consécutive sans combat. La formation de la vallée de l’Ernz Blanche ne se démonte pas pour autant. Larochette répond dans la foulée, notamment par l’intermédiaire de Godwin, incisif et omniprésent dans la création comme dans le scoring. Le match se transforme en un véritable bras de fer, où chaque panier est arraché et chaque ballon disputé. L’intensité est telle qu’une pause technique est nécessaire dans le premier quart-temps, le tableau d’affichage peinant à suivre le rythme de cette rencontre du fait d’un souci technique. À la mi-temps, Ettelbruck vire en tête sur le score de 42 à 39, grâce à un tir dans le corner au buzzer qui donne un léger avantage psychologique aux Nordistes.

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Un moment « clutch » qui a fait basculer la rencontre

Le troisième quart-temps restera comme l’un des passages clés de cette finale. Au retour des vestiaires, Vic Heuschling prend littéralement feu. En l’espace de sept minutes, il inscrit 17 points, dont plusieurs tirs à trois points réussis sous pression, une séquence qui change radicalement la physionomie du match. Larochette, jusque-là en phase d’ajustement, impose alors sa loi tant offensivement que défensivement, creusant un écart significatif. Ce basculement illustre une philosophie martelée tout au long de la saison par l’entraîneur de l’équipe : Karolis Abramavicius. « À mon arrivée, j’ai trouvé un groupe avec une excellente éthique de travail et un leadership fort parmi les joueurs déjà présents. Mon rôle a surtout été d’aider à maintenir la constance. Concernant la confiance, je ne cherche pas à la « créer ». Mon travail est de la garder équilibrée. La confiance est essentielle, mais elle ne doit jamais devenir de l’excès de confiance. Nous devons rester ambitieux, respecter chaque adversaire et nous rappeler qu’il nous reste encore beaucoup à prouver ».

Ce passage « on fire » transforme la rencontre. Et justement, cette confiance gagne les rangs côté Larochette, tandis que l’inquiétude se fait ressentir chez les joueurs d’Ettelbruck. Les arbitres sifflent de plus en plus de fautes, la tension monte, et les contacts s’intensifient. À l’approche du dernier quart-temps, l’Arantia mène de dix points (69-59) et semble avoir pris une option sérieuse sur le trophée. Mais comme souvent dans une finale, rien n’est jamais acquis avant le dernier coup de sifflet. La partie se durcit encore : les fautes s’accumulent, les transmissions deviennent plus serrées, et l’intensité physique atteint des sommets. Larochette croit se mettre définitivement à l’abri à six minutes du terme (78-64), mais Ettelbruck refuse d’abandonner et réplique par une série de paniers qui relance complètement la rencontre. À trois minutes de la fin, les Nordistes reviennent à trois petits points. La Coque est debout, les nerfs sont mis à rude épreuve et Larochette tremble sur la ligne des lancers, tandis qu’Ettelbruck insiste en attaque, multipliant les efforts et forçant les rotations défensives de leur adversaire. Sur la dernière possession, tout peut basculer. L’équipe d’Ettelbruck a la balle pour égaliser ou passer devant, mais la défense de Larochette se montre héroïque. Edson Da Sousa et Tyrell Sturdivant verrouillent la ligne intérieure, forçant le turnover, ce qui leur permet de récupérer le ballon. Le chronomètre s’égrène, la tension est palpable jusqu’à la dernière seconde. Cette fois, c’est terminé. Score final : 83-87 en faveur de Larochette. « C’est une victoire pour chaque personne impliquée dans le club. Chacun a contribué à sa manière, et ce trophée leur appartient à tous », a insisté le coach, soulignant la dimension collective du succès. Mais cette victoire n’est pas un titre comme les autres. Le club n’avait plus remporté la Coupe nationale depuis 1970, une éternité au regard de l’histoire du basket luxembourgeois.

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Une renaissance sportive

Ces dernières saisons, Larochette connaît un nouveau souffle. Sans faire de bruit, le club a bâtit un collectif solide, compétitif et capable de rivaliser avec des structures plus huppées.

Cette progression, qui leur permet aujourd’hui d’obtenir un titre, s’appuie notamment sur l’intégration des jeunes. « Les jeunes joueurs ont joué un rôle très important. Cette victoire appartient non seulement à ceux qui étaient sur le terrain, mais aussi à tous ceux qui ont travaillé avec nous chaque jour à l’entraînement. Beaucoup ont rejoint l’équipe première pendant la préparation. Au début, ils ont appris, puis ils ont été capables de rivaliser au même niveau. Leur investissement a permis de maintenir l’équipe compétitive et physiquement prête toute la saison », explique l’entraîneur. « Pour moi, la nouvelle génération passe avant tout. J’espère que les jeunes se sentiront inspirés par ce succès. Quant aux habitants, je ressens leur joie et leur gratitude. C’est une victoire partagée pour nous tous », ajoute-t-il. Mais l’histoire ne s’arrête pas là et la route est encore longue. « Nous devons retrouver notre rythme normal à l’entraînement, raviver notre faim de victoire et éviter tout excès de confiance. Notre objectif immédiat est de nous battre pour une place en finale du championnat. Personnellement, mon rêve est d’amener les finales au gymnase de Larochette, de vivre la bataille pour le titre avec nos supporters et, au final, de devenir champions. Mais pour y parvenir, il reste encore beaucoup de travail », conclut Karolis Abramavicius.

Un club historique dans une petite commune de 2.000 habitants

Dans le paysage du basket grand-ducal, certains clubs brillent par leurs titres, d’autres par leur longévité. Le Basket Club Arantia Larochette appartient à cette seconde catégorie. Fondé en 1964 dans une commune d’à peine 2.000 habitants nichée au cœur du canton de Mersch, le club a bâti son identité loin des projecteurs. À Larochette, le basket n’est pas qu’un sport. C’est un fil conducteur entre les générations, un héritage transmis de joueurs en entraîneurs, de dirigeants en bénévoles, souvent au sein des mêmes familles. Le club voit le jour sous le nom de Basket-Ball Club Arantia Larochette. Le terme « Arantia » fait référence à l’ancienne appellation latine de la région de l’Ernz Blanche, rivière emblématique qui traverse la localité. Affilié à la Fédération Luxembourgeoise de Basket-Ball (FLBB), Larochette s’inscrit rapidement dans les compétitions nationales. À une époque où le basket luxembourgeois est encore en construction, le club parvient à se faire une place parmi les structures émergentes du pays.

Le premier grand tournant de l’histoire du club intervient lors de la saison 1969-1970. Cette année-là, Larochette remporte la Coupe du Luxembourg. Ce sacre national installe l’Arantia parmi les clubs qui comptent et constitue, encore aujourd’hui, l’une des références majeures de son palmarès. Dans la foulée, Larochette connaît même une expérience européenne en participant à la Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe (FIBA Cup Winners’ Cup). Cette aventure, rare pour un club issu d’une petite commune, le voit affronter des clubs belges (comme Bell Mechelen) et tchèques (Spartak ZJŠ Brno) dans les saisons 1970-71 et 1971-72.

Mais comme beaucoup de clubs historiques, Larochette ne suit pas une trajectoire linéaire. Les décennies suivantes sont marquées par des cycles : montées, descentes et restructurations. L’équipe première masculine évolue à plusieurs reprises dans l’élite nationale avant de redescendre selon les saisons. Malgré cette instabilité sportive, le club n’a jamais disparu. Il s’adapte, se reconstruit et s’appuie sur son centre de formation et sur un tissu de bénévoles, aujourd’hui récompensés de la plus belle des manières par ce titre obtenu, 56 ans après. Le club peut désormais continuer d’écrire son histoire en allant chercher un doublé national qui serait une grand première. Larochette s’est offert le droit de rêver, et ne parait plus si petit par rapport à ses imposants voisins. C’est peut-être là sa plus grande victoire.

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