
Le Sparta Bertrange est déjà assuré de terminer au minimum à la deuxième place de cette fin de saison régulière d’Enovos League. Le coach Karl Abou Khalil se livre sur cette fin de saison, évoque les playoffs et revient sur les objectifs du club.
MENTAL! : Vous avez battu ce week-end l’Amicale Steinsel, une équipe importante du championnat. Pouvez-vous revenir sur cette rencontre et nous parler de cette victoire ?
C’était une victoire importante pour nous. Nous avions gagné plusieurs matchs, mais c’était contre des équipes du bas de tableau, sans leur manquer de respect. Steinsel, c’est une grosse équipe du championnat. Depuis que je suis arrivé au Luxembourg, cela fait cinq ans qu’ils sont presque toujours en finale ou en demi-finale. C’est une équipe du top 4. Et avec le Sparta, on les a beaucoup affrontés depuis que j’ai pris l’équipe, surtout en playoffs et en championnat. Pour moi, c’était aussi une première victoire là-bas, à Steinsel. En tant qu’entraîneur, c’était mon premier succès dans cette salle, donc évidemment j’en suis heureux. Mais au-delà de ça, le plus important, c’était vraiment de savoir où nous nous situons dans cette ligue. Ce match représentait un vrai indicateur pour nous. Et je pense qu’on a fait du très bon travail en allant gagner chez eux, alors même qu’on avait aussi Lennart Holsten blessé. Donc oui, je suis content qu’on ait répondu présent, et je suis fier de mes joueurs pour cette victoire là-bas.
Vous restez sur une série de quatre victoires consécutives. Comment le groupe vit-il cette bonne dynamique ?
Pour être honnête, nous avons eu beaucoup de moments positifs depuis le début de la saison. On a même commencé le championnat avec 11 victoires consécutives. Je pense que c’est la première fois que le Sparta vit une saison aussi positive. C’était peut-être aussi quelque chose de nouveau pour nous, et cela a créé un peu de pression à un certain moment. Parce que quand tu commences à 11-0, surtout en début de saison, alors que personne ne t’attendait dans le top 2 ou le top 3, forcément les attentes changent. Après cette série, tout le monde en voulait plus de nous : les supporters, l’entourage, tout le monde a commencé à croire qu’on pouvait aller loin. Et cela a créé une certaine pression. C’est peut-être pour ça qu’à un moment de la saison, on a perdu deux matchs, puis on a perdu la finale de coupe, puis on a perdu contre Esch. Mais ensuite, on a parlé ensemble, en équipe. On a tout mis à plat et on s’est dit qu’il fallait avancer étape par étape, match après match. Depuis ce match contre Esch, on a battu Walferdange, puis les Pikes, et maintenant Steinsel. Donc pour l’instant, ça se passe bien. Il nous reste encore deux matchs avant le début des playoffs. On verra donc comment on termine la saison régulière et comment on abordera les playoffs.
L’année dernière, vous avez terminé 7e de la phase régulière. Qu’est-ce qui a changé cette saison par rapport à l’an passé ?
Quand on vient d’une équipe qui a souffert pendant plusieurs années, où beaucoup d’entraîneurs sont venus puis repartis, où beaucoup de joueurs professionnels sont venus puis repartis aussi, il n’y a pas de stabilité, pas de continuité. Aujourd’hui, j’ai le sentiment que, depuis trois ans, on a réussi à créer cette stabilité. Et c’est pour ça que les résultats arrivent maintenant. Quand on voit d’où on vient, et quand on sait que la dernière fois que le club a remporté le championnat, c’était il y a longtemps, réussir à construire cette stabilité et se retrouver en tête du championnat après 20 matchs, c’est quelque chose dont on doit être fiers. On n’a pas envie de trop penser au reste. On veut profiter du moment, profiter de cette saison, profiter des souvenirs qu’on est entrain de construire tous ensemble, en tant que groupe, et avancer étape par étape, match après match. Pour l’instant, on pense uniquement à notre prochain match, qui est contre le Racing. On ne pense pas encore à l’adversaire potentiel en playoffs, ni à ce qui arrivera si on gagne ou si on perd. On prend les choses étape par étape, et je pense que c’est la manière la plus saine d’aborder cette fin de saison.
D’un point de vue sportif, comment jugez-vous votre saison pour le moment ? Et plus largement, comment jugez-vous celle de votre équipe ainsi que le niveau du championnat ?
C’est vraiment un processus. Peu importe l’endroit où l’on va, il faut du temps pour que le coach s’habitue aux joueurs, pour que les joueurs s’habituent au coach, pour que la philosophie de jeu s’installe, pour que tout se mette en place. Je pense que la stabilité joue un rôle majeur dans notre réussite. L’arrivée de Jarvis Williams nous a aussi énormément aidés grâce à son expérience. Au Sparta, on a beaucoup de talent, mais ces dernières années il nous manquait peut-être ce profil de joueur expérimenté. Avec l’arrivée cette saison de Jarvis Williams, un joueur qui connaît le championnat, qui connaît le pays et qui a déjà remporté deux titres, on a beaucoup progressé. L’arrivée de Victor Iwuakor, notre deuxième professionnel, nous a aussi énormément apporté défensivement, avec son énergie et son athlétisme. On peut d’ailleurs le voir au classement : après 20 matchs, nous sommes la meilleure défense du championnat cette saison. Cela a joué un rôle très important. Et bien sûr, je ne veux pas oublier tous les joueurs luxembourgeois du groupe, qui progressent d’année en année, qui gagnent en maturité et qui acceptent mieux leurs rôles. Je pense que c’est vraiment la combinaison de tout cela : la continuité, ma philosophie, les joueurs pros, les joueurs locaux, tout le monde ensemble comme une équipe. C’est ce qui nous a permis d’atteindre ce niveau, et c’est pour ça qu’aujourd’hui nous sommes en tête du championnat après 20 matchs.
Vous êtes désormais assurés de disputer les playoffs. Comment allez-vous préparer les deux derniers matchs de la saison régulière ?
Aujourd’hui on doit d’abord penser à l’entraînement de ce soir. Et quand le moment du match arrivera, on pensera au match. Une fois qu’on en aura fini avec le match du Racing, on commencera à penser à Dudelange. Ensuite seulement, on verra comment le classement final se dessine. On est sûrs de finir au moins dans le top 3, donc ça, c’est acquis. Avec la victoire de samedi, on a aussi sécurisé au minimum le top 2, parce qu’au final Ettelbruck et Larochette doivent encore s’affronter, donc l’une des deux équipes va forcément perdre. Mais comme je l’ai dit, on ne veut pas entrer dans les calculs. J’ai dit à mon équipe qu’on devait avancer match après match, entraînement après entraînement. On verra ce qu’il se passera lors des deux derniers matchs, puis, quelle que soit notre position finale, on l’acceptera et on passera à la préparation des playoffs.
En parlant des playoffs, quel est l’objectif de l’équipe ? Et selon vous, qu’est-ce qui peut faire la différence dans ce format qui rebat toutes les cartes ?
Pour être honnête, au début du championnat, l’objectif était simplement de terminer dans le milieu de tableau. Maintenant, après notre début de saison à 11 victoires, tout le monde a revu ses attentes à la hausse. Tout le monde s’attend maintenant à nous voir au moins en demi-finales. Moi, je ne veux pas fixer ce genre d’objectif. Pour moi, l’objectif est clair : avancer match après match, respecter chaque adversaire et jouer ensemble. Ce n’est pas parce qu’on termine premier qu’on aura forcément un chemin facile jusqu’aux demi-finales. Je me souviens très bien que, il y a cinq ans, le Sparta avait terminé premier, puis avait affronté T71 Dudelange, qui était huitième, et Dudelange a terminé finaliste. Donc l’objectif, c’est d’aborder les choses match après match, de respecter tous les adversaires qu’on rencontrera, et surtout de jouer ensemble. Quand le Sparta joue ensemble, on peut aller très loin. En revanche, si les joueurs veulent forcer les choses et montrer que chacun peut porter l’équipe tout seul, alors on n’ira pas loin. Donc tant que mes joueurs comprennent cela, le Sparta peut aller loin cette année. Je ne vais pas annoncer d’objectif précis ni faire de promesse à qui que ce soit. Mais je peux promettre une chose : on fera de notre mieux pour aller aussi loin que possible.
Article soutenu par l’Enovos League
