
Jeff Strasser, Anthony Moris et Seid Korac ont donné leurs ressentis sur la double confrontation qui les attend face à Malte dans les jours à venir. En étant sûrs de leurs qualités mais sans sous estimer un adversaire dont il faudra se méfier.
« Nos joueurs sont capables de marquer des buts ! » Pour le sélectionneur Jeff Strasser, le constat est limpide. Si le secteur offensif et son inefficacité lors des derniers rendez-vous sont des sujets qu’on ne peut nier, les dynamiques de certains de ses joueurs l’incitent à l’optimisme.
Pour ce point presse organisé dans leur QG de l’hôtel Leweck, le sélectionneur national n’a pas voulu dramatiser cette disette offensive, soulignant la bonne forme de certains de ses joueurs en réussite dans la zone de vérité ces dernières semaines : « Ce qui est certain, c’est qu’on a retrouvé des milieux de terrain qui ont tous été buteurs, que ça soit Leo, Kiki ou Mathias. On retrouve un Danel qui vient également de marquer, tout comme Dirk. Ce sont des éléments qui montrent l’état de confiance des joueurs et qui doivent donner confiance à tout le monde. »
Strasser pince sans rire se permet même une petite phrase dont il a le secret, comme une forme de vœu pieux : « On sait qu’on a des joueurs capables de marquer, en espérant qu’ils aient gardé le maximum de buts pour ces deux rencontres. »
La forme de certains cadres incite logiquement à l’optimisme, et il les faudra au niveau, puisque cette double confrontation est aussi peu commune qu’elle sera importante pour l’équipe nationale.
Pour résumer ces deux rencontres, Anthony Moris n’y va pas par quatre chemins : « Ces deux matchs contre Malte sont, pour moi, parmi les rencontres les plus importantes de l’histoire de la sélection sur les dix dernières années. »
Si les mots du dernier rempart font sens, il tempère immédiatement : « Ce moment n’est pas angoissant, ça reste un match de foot, il y a pire dans la vie. Mais quand tu es compétiteur, il y a des moments où il faut répondre présent et c’en est un. »
Jeff Strasser abonde en ce sens, afin de ne pas mettre de stress superflux sur un groupe qui n’a pas besoin de ça : « L’erreur à ne pas faire est de créer une pression inutile. L’équipe a conscience de l’importance de ces deux rendez-vous. On est des compétiteurs et on rentre dans ce match avec une confiance en nos qualités. »
Confiance en les qualités de l’équipe, même s’il faudra évidemment se méfier d’un adversaire qui reste sur des dernières rencontres officielles satisfaisantes contre la Pologne (défaite 2-3) et la Finlande (victoire 0-1). Une équipe qui défend bien et a un bloc compact, dixit Moris. Et qui a évidemment quelques individualités au-dessus du lot, à l’image de Teuma ou Cardona, en grande forme avec son club de Saint-Étienne.
Des joueurs dont devra se méfier l’arrière garde luxembourgeoise, à commencer par Seid Korac. Le défenseur de Venise, dont le temps de jeu est réduit à peau de chagrin ces derniers mois, est dans le ton, avec un état d’esprit qui le représente bien : prêt à tout dévorer. « Je me sens bien, que ce soit mentalement et physiquement. Je m’entraîne encore plus fort qu’avant et je me sens encore plus fort qu’avant, il faut attendre son heure. »
Le défenseur central a d’ailleurs mentionné qu’il avait été mis au courant des naturalisations de quelques joueurs de l’équipe adverse, conscient que cette équipe maltaise allait être un adversaire coriace.
Une affaire de naturalisation forcément au centre des débats après le choix du jeune Fabio Domingos d’évoluer pour le Cap Vert plutôt que les Rout Léiwen. Un choix sur lequel Anthony Moris n’a pas voulu polémiquer, comprenant le choix de ces jeunes joueurs parfois très entourés et devant prendre des décisions importantes à un jeune âge. « Quand je vois Leo ou Kiki qui sont avec nous aujourd’hui, c’est une forme de respect et de reconnaissance par rapport à la fédération qui leur a beaucoup donné. Mais à la fin, ça doit être le choix du cœur. Moi, je n’en veux pas aux jeunes, car c’est un problème qu’on retrouve partout, même chez les grandes nations. Ces jeunes ne comprennent pas forcément l’ampleur de leur choix, et ils le prennent parfois avec leur entourage. Mais si tu viens avec l’équipe nationale, tu dois avoir envie de porter ce maillot. »
Enfin, le sélectionneur a été questionné sur des phases de jeu dont l’importance au haut niveau prend de l’épaisseur ces derniers temps : les coups de pied arrêtés. Conscient qu’un tiers des buts sont aujourd’hui inscrits via des phases arrêtées, le tacticien a confirmé travailler avec son staff sur ce point, tout en soulignant que la contrainte de temps était aussi un facteur à prendre en compte : « On analyse nos phases arrêtées et on voit comment les faire évoluer. Les clubs ont plus de temps pour les travailler, mais on est dans l’obligation de les travailler et on va les travailler, car on a des bons tireurs et des bons joueurs de tête. Après, si on ne parvient pas à concrétiser en match, ça ne veut pas dire qu’on ne l’a pas travaillé en amont. C’est évidemment un point important. »
À l’approche de cette double confrontation dont l’enjeu pour le football national est fondamental, il y a fort à parier que Strasser et les siens se contenteraient aisément d’un maintien en Ligue C sur un but, pas forcément des plus esthétiques, sur l’une des ces phases arrêtées.