
Revenue à la compétition début novembre dernier après une blessure à la cheville, Alexandra Dascalu a retrouvé le terrain avec le VC Steinfort. Avant la reprise et alors que son club est pleinement engagé dans la course aux play-offs, l’ancienne internationale française dresse le bilan de la mi-saison et affiche, avec lucidité et humilité, les ambitions du groupe pour la seconde partie du championnat.
Alexandra, vous êtes arrivée au VC Steinfort après une longue carrière professionnelle en France, en Italie, en Pologne, en Roumanie et en Suisse. En quoi ces expériences à l’étranger ont-elles enrichi votre approche du jeu et votre leadership sur le terrain ?
Évoluer à l’étranger enrichit forcément, comme toute expérience de vie. On en ressort plus complète, plus ouverte. J’ai côtoyé des entraîneurs et des cultures différentes, ce qui m’a permis de mieux comprendre le volley dans sa globalité. En Italie et en Pologne, qui sont parmi les meilleures nations européennes, l’implication, l’investissement et le sérieux sont impressionnants. Les Italiennes sont très techniques et tactiques, tandis qu’en Pologne, la dimension physique est également très marquée. Pour une pointue d’1m83, ce qui n’est pas énorme à ce niveau, il faut apprendre à ruser, à trouver des solutions. C’est justement ce que j’essaie de transmettre aux filles de Steinfort.
Le VCS a connu une nette progression au classement ces deux derniers mois. Quels ont été, selon vous, les éléments clés de cette amélioration ?
Le début de saison a été compliqué. Il a fallu s’adapter avec beaucoup de nouvelles joueuses, trouver nos repères et surtout attendre que l’effectif soit enfin au complet. Je ne parle pas seulement de mon absence, mais aussi de certaines joueuses qui n’étaient pas encore à leur poste naturel. Aujourd’hui, les choses sont stabilisées, ce qui nous permet de travailler plus finement et avec davantage de cohérence.
Votre sœur Silvana joue également à Steinfort et votre père, Pompiliu, est l’entraîneur. Comment vivez-vous ce contexte familial dans un cadre compétitif ?
Je le vis très bien. C’est quelque chose que nous aurions aimé faire tous les trois plus tôt, lorsque nous étions tous professionnels. C’était un petit rêve commun, et nous sommes très heureux de pouvoir enfin le réaliser. Nous sommes même quatre, puisque ma maman, même si elle n’est pas sur le terrain, n’est jamais bien loin. Il y a forcément un supplément d’affect, et lorsque j’étais blessée, la famille a été présente.
Vous êtes réputée pour votre lucidité dans le jeu et votre sens tactique. Comment mettez-vous votre expérience au service de l’équipe dans les moments clés ?
Je ne suis pas la seule dans ce rôle. Silvana, Karolina au poste 4 et Nani, notre passeuse, ont également un passé professionnel. Nous sommes plusieurs à pouvoir transmettre cette expérience. Le poste de pointue implique naturellement un rôle de leader, et j’ai été capitaine lors de mes trois dernières saisons en France. A vrai dire, je ne calcule pas vraiment, j’essaie simplement d’être professionnelle, bienveillante et positive, en mettant mon vécu au service du collectif.
En tant qu’ancienne internationale française, comment se déroule votre relation avec les jeunes joueuses du groupe ?
Très bien. Il y a parfois un peu de réserve de leur part au début vis-à-vis des plus anciennes, mais c’est normal. À 18 ans, j’étais exactement pareil. Les jeunes sont très à l’écoute, investies et curieuses. C’est très agréable, car elles ont une réelle envie d’apprendre et de progresser.
Qu’est-ce qui vous a convaincue de rejoindre le championnat luxembourgeois ?
J’ai pris ma retraite sportive à l’issue de la saison dernière. Après avoir beaucoup voyagé, ni mon mari ni moi n’avions réellement de port d’attache. Mon souhait était de vivre une saison avec mon père et ma sœur. C’était un mélange de liberté et l’envie de concrétiser ce projet familial qui me tenait à cœur.
Quels sont vos objectifs pour cette seconde moitié de saison, notamment dans la course aux play-offs ?
Je ne peux pas parler au nom de tout le groupe mais nous avançons avec beaucoup d’enthousiasme et d’humilité. Les bons résultats récents ne garantissent rien. Le championnat reste exigeant et imprévisible. Notre premier objectif est d’accrocher les play-offs le plus rapidement possible, tout en gardant les pieds sur terre.
Enfin, quel message souhaitez-vous transmettre à vos coéquipières pour la suite de la saison ?
Il n’y a pas de secret dans le sport. Tant que ce que l’on met en place fonctionne, il faut continuer sur cette voie. En travaillant dur, en restant nous-mêmes et en étant honnêtes les unes envers les autres, sans tricher, nous pouvons aller loin.
Jocelin Maire
Mental Médias SARL
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