Edito : la meilleure des réponses

Après quelques semaines tumultueuses, où le doute aurait légitimement pu s’immiscer, et où la tension devenait de plus en plus palpable, le F91 a su répondre de la meilleure des manières, hier, sur sa pelouse face à son alors dauphin. Avec une performance de haut acabit, en particulier sur le plan mental, Dudelange a confirmé que cette saison était la sienne, avec la meilleure réponse : celle du terrain.

On a déjà passé l’heure de jeu au stade Jos Nosbaum, quand un corner de Dejvid Sinani est tiré côté droit. Le ballon, fort, parait bon. Cools s’élève alors plus haut que tout le monde, suspend le temps pendant une seconde, et décoche une solide tête, qui finit par fuir le cadre. Alors, ce n’est pas un, mais trois joueurs dudelangeois qui tombent sur leurs genoux, et tapent la pelouse de manière rageuse. Pourtant, à ce moment de la rencontre, le F91 est toujours maître de son destin, et demeure leader de BGL Ligue.

Il faut voir en cette réaction, cette frustration face à un match dominé de la tête et des épaules toute l’attitude conquérante d’un club. Loin de se satisfaire d’un résultat dans l’ensemble acceptable, le club de la Forge du Sud veut la victoire. Au diable les calculs, la gestion, l’analyse froide. Car ce Dudelange est bien de ces clubs sanguins, qui recherchent la victoire coûte que coûte, quand bien même il pourrait accepter le nul.

Ces dernières semaines, le leader s’était fait piquer par deux fois. D’abord, par le Fola qui amorçait alors une formidable remontée. Puis, par Strassen, toujours aussi mordant face aux gros. Suffisant pour relancer un championnat, et offrir à Hesperange une finale. Dans ce contexte, la tension était évidemment palpable chez Dudelange. La consigne de ne pas parler à la presse confirmait évidemment cette sensation.

Mais il n’est pas difficile de comprendre l’objectif derrière tout cela. Plus qu’une réelle hostilité, ou un véritable désaveu des médias, le but était ailleurs. Celui de forger, souder. De donner la sensation d’un « Nous contre le reste du monde ». Face à l’adversité, le F91 s’est retranché sur ses positions, a fait bloc, et a utilisé cette donnée pour s’offrir un mental largement supérieur à son adversaire. Un choix tactique (car cela en est) dont on ne doute pas un instant qu’il provient de Carlos Fangueiro. L’entraîneur, qui n’avait pas réussi à grappiller le titre l’an passé, à fait de la force mentale de ses joueurs une plus value monstrueuse. Et, alors que son groupe aurait pu douter dans le domaine, a utilisé de ces ressorts pour redonner un boost de motivation, une dose supplémentaire d’adrénaline pour arriver au sommet du dernier col.

À voir les effusions de joie sur la pelouse hier, alors que l’arbitre sifflait la fin de rencontre, et malgré les discours policés, il ne fait aucun doute que Dudelange sait que le titre leur tend maintenant les bras. Une situation que le leader est allé chercher de lui-même, à la suite d’une partie où se seront conjuguées lutte de tous les instants mais aussi recherche d’un jeu inchangé, et ce quel que soit l’adversaire. Car ne l’oublions pas, derrière la grinta, il y a encore eu du football hier soir à Jos Nosbaum : en somme, la meilleure des réponses.

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