Arno Bonvini : « On ne peut pas se relâcher »

Qu’est-ce qui vous a décidé à revenir à Mondorf ?

La première des choses à savoir, c’est que j’avais entamé à Dudelange un nouveau projet avec les jeunes l’année dernière. Après une demie-saison, on avait fait le tour avec le Président des objectifs à moyen terme, afin de vérifier s’ils étaient toujours les mêmes que lors de ma signature. J’ai alors vu qu’on n’était plus nécessairement sur la même vision, que les objectifs dorénavant différaient un peu de ce qu’on avait convenu ensemble. J’étais dans une optique d’entamer une nouvelle ère au F91 avec un plus gros accent sur les jeunes du centre de formation, mais on ne pouvait pas me donner les garanties que cela irait aussi vite que prévu. Le timing n’était donc pas particulièrement bon. Je me considère comme ambitieux dans ce que je fais, je ne voulais pas rester là et attendre l’année suivante. Ceci explique mon départ de Dudelange. Pour ce qui est de revenir à Mondorf, c’est très simple : si tu te sens bien dans un club pendant beaucoup d’années, si tu vois que le plaisir y est supérieur, il ne faut pas hésiter. 

Quel bilan tirez-vous de ce début de saison ?

Je pense qu’on a fait un très bon début de saison. Sur quatre matchs, on en a fait trois et demi particulièrement honorables. Malheureusement, au sein des bonnes performances, on n’a pas réussi à prendre de points contre Hesperange ce qu’on aurait mérité. Et notre dernière rencontre face à Rodange, on a offert trente excellentes minutes puis soixante très mauvaises. Il faut voir le bon côté là-dedans : ça nous remet un peu les pieds sur terres par rapport au trois premiers matchs. Cela nous permet de travailler sereinement en attendant la reprise après la trêve.

Victoire contre le Fola, match accroché face au Swift… Qu’est-ce qui à votre avis fait que votre club arrive tant à gêner les gros en ce début de saison ?

Le mérite revient d’abord aux joueurs, parce qu’ils ont tout donné sur le terrain en faisant preuve d’une mentalité exemplaire, et toujours à l’écoute. Pendant la préparation estivale, on a vraiment insisté sur ce message : « tous les petits clubs peuvent l’emporter par le biais de l’esprit d’équipe ». Aussi, généralement, pour les effectifs les plus modestes, ils ne termineront pas avec un buteur à quinze buts, mais plutôt avec des goals de nombreux joueurs. Donc, cela doit absolument être un travail collectif. Et ils l’ont parfaitement entendu. C’est pour ça qu’encore une fois, je rappelle que le mérite en revient vraiment aux joueurs.

Paradoxalement, après de si bons débuts, ce match nul face à Rodange n’est-il pas une déception ?

C’est clair qu’après notre excellent début, on aurait espérer l’emporter à Rodange. Mais il faut aussi savoir être franc et réaliste et dire qu’on ne méritait pas cette victoire. On a très bien débuté avant de se relâcher…

Pourquoi selon vous ?

Je pense qu’après notre ouverture du score, on s’est dit que ça allait se faire tout seul, et on a relâché dans la tête, on était moins présent dans les duels, les deuxièmes ballons… Face à un adversaire de qualité, on en arrive vite à une situation où, et cela a été le cas, on perd la mainmise sur le match.

Quels sont les axes d’amélioration sur lesquels l’équipe doit-elle encore travailler ?

Le match de dimanche est une parfaite indication qu’on ne peut pas se permettre de se relâcher, même en menant 1-0 face à une équipe qui a zéro point. Dominer pendant trente minutes sans mettre le but du break, ça veut dire que tu t’exposes encore, et que tu n’es pas prêt à gérer ce genre de matchs. C’est là qu’on peut encore faire un pas en avant. Il faut se dire que Mondorf n’est pas une si petite équipe que ça, et que si tu mènes 1-0 à l’extérieur, tu te dois de pouvoir maîtriser. Et ça, c’est le mental et la hargne qui le fait. On doit pousser dans ce sens.

Pensez-vous que le niveau global de la BGL Ligue se resserre ?

Oui, absolument. Cela fait un bon bout de temps que je suis dans le circuit, et j’en ai encore parlé récemment : il n’y a plus de matchs faciles, y compris pour les grandes équipes. Les petits arrivent maintenant à attirer des bons joueurs, et cela crée en effet un championnat au niveau de plus en plus resserré.

La trêve qui arrive est-elle est une bonne ou une mauvaise chose à vos yeux ?

Honnêtement, au vu du nombre de blessures qu’on commençait à avoir, on peut dire que la trêve est arrivée au bon moment. Pour l’équipe, c’est toujours difficile de s’entraîner sur un terrain synthétique, sur une préparation complète cela engendre vite des pépins physiques. Donc on se retrouve parfois à devoir faire jouer des joueurs qui n’ont eux pas eu une préparation entière, donc c’est un peu complexe. Après, la dynamique était avec nous, donc il faudra réussir à repartir avec la même attitude.

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