
Pour son premier rendez-vous européen sur le banc du FC UNA Strassen, Jérémy Deichelbohrer veut avancer avec ambition, mais sans excès de confiance. Avant d’affronter La Fiorita en Conference League, le nouvel entraîneur strassenois insiste sur la qualité et l’expérience de l’adversaire, tout en rappelant que son équipe, encore en construction, a des arguments à faire valoir.
DRIBBLE! : Vous arrivez à Strassen cette saison, avec un premier grand rendez-vous européen dès le début de la préparation. Comment avez-vous préparé ce match, alors que l’intersaison a été assez courte et marquée par l’arrivée de plusieurs nouveaux joueurs ?
De façon un peu particulière, puisqu’il faut à la fois préparer ce match, qui est un rendez-vous important dans ce début de saison, mais aussi penser à la suite, car derrière, il y aura toute une saison à disputer. On a essayé de trouver le meilleur équilibre entre une préparation avec une base de volume importante, mais aussi plus restreinte dans le temps. On avait également préparé les joueurs en amont, avec un programme individuel à suivre chez eux lors de la première semaine, afin de leur donner la base de kilométrage et de volume nécessaire.
C’est donc une préparation un peu différente de ce que l’on peut connaître habituellement, en tout cas pour ceux qui ne l’ont jamais vécue, mais elle est aussi intéressante. Évidemment, avec l’arrivée d’un nouvel entraîneur, beaucoup de choses changent. Il y a beaucoup d’informations à traiter pour les joueurs, et si possible le plus rapidement possible. Mais on sait très bien que, sur ce premier match, on ne sera potentiellement qu’à 60 ou 65 % de ce que l’on pourra faire très bientôt.
Comment vous sentez-vous dans ce nouveau club ? Comment s’est passée votre arrivée à Strassen ?
Plutôt bien. On a été très bien accueillis, avec une équipe dirigeante très présente, qui nous a mis dans les meilleures conditions possibles. C’est toujours quelque chose de positif. Les nouveaux joueurs ont aussi très vite pris le pli, car ils ont été très bien accueillis par les anciens. On sent un groupe avec un état d’esprit très intéressant, donc c’est plutôt positif. Après, on dispose évidemment d’infrastructures de très bonne qualité. Cela facilite aussi le travail au quotidien, même s’il y a encore des aménagements et de la progression à faire dans certains domaines au sein du club. Mais pour l’instant, nous avons les moyens de travailler dans de bonnes conditions.

Sur le papier, Strassen peut être perçu comme favori face à La Fiorita. Est-ce un statut que vous acceptez ? Quel discours tenez-vous auprès du groupe avant ce match européen, qui sera une première pour plusieurs joueurs ?
Pas du tout. Pour moi, nous ne sommes pas favoris. J’entends beaucoup ce discours-là, mais généralement, quand je l’entends, je demande toujours aux personnes si elles ont vu jouer l’adversaire avant d’affirmer que nous pouvons être favoris. La plupart me répondent que non. Moi, j’analyse cet adversaire depuis quasiment quinze jours. J’ai vu une dizaine de matchs de leur saison passée. C’est une équipe très intéressante, avec beaucoup de très bons joueurs, notamment d’anciens joueurs de Serie B et de Serie C italiennes, qui ont des parcours et une expérience bien supérieurs à ce que nous pouvons avoir dans notre effectif.
C’est aussi une équipe habituée aux joutes européennes, puisqu’elle se qualifie depuis plusieurs années pour les tours préliminaires de Coupe d’Europe. Elle sait donc comment les aborder et les appréhender. C’est également un coach en place depuis quelque temps maintenant, avec une philosophie bien installée. De notre côté, nous connaissons un changement assez radical de philosophie par rapport à la saison dernière. Ce sont toutes ces choses qu’il faut prendre en compte. Aujourd’hui, pour moi, on peut quasiment dire que La Fiorita est favorite. Mais nous jouerons nos cartes à fond pour essayer de passer.
Que dites-vous à vos joueurs avant une rencontre comme celle-là ?
Pas grand-chose de particulier. Je leur rappelle déjà que nous avons de la qualité et que nous sommes en droit d’ambitionner des choses importantes. Mais aujourd’hui, nous sommes à 60 ou 65 % de ce que nous serons capables de faire dans trois ou quatre semaines. Il ne faut pas l’oublier ni le négliger. Mais avec la volonté, la détermination et l’état d’esprit, on peut aussi combler certains manques. Cela doit nous permettre d’espérer faire quelque chose de très bien dans ce premier tour.

Comment aborde-t-on une double confrontation européenne ? Est-ce qu’il faut déjà gérer le match retour ou jouer ce premier match à fond ?
C’est un peu particulier, parce que les deux équipes ont pu analyser l’autre sur la saison dernière, mais pas encore sur cette saison. Nous jouons le premier match à domicile, donc l’objectif est d’être le plus performant possible sur cette première rencontre. Nous allons l’aborder pour le jouer à 100 % et faire le maximum. Après, comment le match va-t-il se passer ? Est-ce que les équipes vont s’observer ? Nous, nous ne partons pas dans cet objectif-là. Nous voulons essayer d’imposer un rythme. Mais c’est le terrain qui décidera. Sur un premier match comme celui-là, on ne peut pas savoir exactement ce qui va se passer.
Sur le plan du jeu, allez-vous rester dans la continuité de ce que vous aviez mis en place à Mondorf, ou souhaitez-vous construire quelque chose de différent avec Strassen ?
Non, mon projet de jeu et ma philosophie restent les mêmes. Je suis toujours dans le même credo. Après, il faut aussi s’adapter aux joueurs que l’on a sur place. Ce sont des joueurs différents, avec des qualités différentes. Il faut donc adapter certaines animations par rapport à ce que l’on a pu faire à Mondorf. Il y aura évidemment beaucoup de changements dans les différentes animations, mais aussi beaucoup de choses qui vont se ressembler, notamment dans l’état d’esprit ou dans la partie défensive. Il y aura donc à la fois des choses similaires, parce que c’est ma philosophie et le projet de jeu que je construis depuis des années, mais aussi des différences, car j’ai des joueurs différents et qu’il faut s’adapter aux qualités des uns et des autres.
Pouvez-vous nous parler du mercato ? Quels profils ont été recrutés et le groupe est-il désormais au complet ?
Pour le moment, il n’y a pas d’autres arrivées prévues. Nous sommes 22 joueurs de champ, et c’est à peu près ce que l’on voulait faire. Nous avons aussi un groupe de jeunes de qualité au club, sur lequel nous allons compter au cours de la saison pour alimenter le groupe si besoin. Il n’y aura donc pas d’autres arrivées, sauf s’il y a des départs. Cela reste possible jusqu’au 31 août. Chaque départ sera remplacé par une arrivée, mais pour l’instant, nous sommes au complet. Ce qui a été priorisé, c’est aussi l’état d’esprit des joueurs. Évidemment, avec le staff, nous avions ciblé des postes qui nous paraissaient importants à renforcer. Nous avons donc recruté à ces postes-là des joueurs capables de répondre aux attentes sur le plan sportif, mais aussi sur le plan humain. Pour moi, c’est primordial dans une saison et dans la construction d’un groupe.
Pour le match face à La Fiorita, le groupe sera-t-il au complet ? Y a-t-il des blessés ou des absents ?
Oui, au complet si l’on veut, puisqu’Aniss El Hriti et Lukas Sever sont blessés depuis la saison dernière. Ce sont de grosses blessures, et ils ne reviendront que dans quelques semaines. Ils n’ont donc toujours pas repris cette saison. Mais sinon, le groupe qui s’entraîne depuis le début de la préparation est au complet.
