Un pays derrière vous

Une victoire en terres irlandaises pour annoncer la couleur. Une défaite dans une lutte acharnée face à une sélection Portugaise grandement favorite. Et un succès pour réussir son baptême dans le clinquant nouveau Stade de Luxembourg. Le bilan jusque maintenant des Roud Léiwen pourrait presque être qualifié de sans faute. Et permet, quand bien même le sélectionneur Luc Holtz appelle au pragmatisme, de croire en un immense exploit.

Après tout, le classement légitime les rêves de grandeur qui porte à l’heure actuelle toute la population du Grand-Duché. Si le Portugal, sorti vainqueur dans les tout derniers instants de son clash face à l’Irlande, semble bien loin, la Serbie elle, pointe à seulement une longueur d’avance. Et, sur les coups de 18h aujourd’hui, Gerson Rodrigues et ses coéquipiers vont affronter la sélection des Balkans, qui pourra compter sur le soutien de ses supporters.
Ne nous méprenons pas : évidemment, il y a encore un écart en termes de prestige, talent et expérience entre la Serbie et le Luxembourg. Deux victoires en trois rencontres ne sont pas suffisantes pour nous aveugler face à la réalité du monde du football. Mais les progrès de ces dernières années de la sélection, conjugués à un esprit de plus en plus conquérant et décomplexé nous donnent aujourd’hui un droit précieux, presque nouveau au Grand-Duché : celui de croire en l’impossible.
Pour cela, il faudra réussir une partition parfaite. Si l’Azerbaïdjan, vaincu mercredi passé était un adversaire assurément plus modeste, la première heure de jeu de la sélection se doit d’être prise comme exemple. Avec un jeu porté vers l’avant, particulièrement collectif, et dans lequel tous et chacun faisaient les efforts et replis défensifs nécessaires, les Roud Léiwen ont réussi à plier l’adversaire malgré quelques frayeurs en fin de match. C’est donc sur ses bases que Luc Holtz doit s’appuyer pour accrocher quelque chose de ce match. L’abnégation et le désir de sortir de l’anonymat semblent porter un groupe certes jeune, mais dorénavant habitué à jouer ensemble depuis quelques années. Et les résultats, en amélioration constante ces dernières années sont la preuve que le travail effectué par le sélectionneur depuis de nombreuses années portent ses fruits. Nous ne doutons pas un instant que ce dernier, bien qu’évidemment réservé lors de la conférence de presse envisage forcément dans un coin de tête le scénario parfait.
Les derniers affrontements face à la Serbie ont prouvé que les Lions Rouges pouvaient faire mal à leur adversaire. Et, si le dernier clash entre les deux sélections a eu lieu il y a maintenant deux ans, la délégation luxembourgeoise a elle grandi, et mûri. Et a surtout pris conscience de ses forces et de sa capacité à regarder l’adversaire droit dans les yeux. Un constat criant lors de la rencontre face à l’Irlande où, meilleurs durant l’intégralité de la rencontre, les joueurs étaient allés chercher au forceps et sur une frappe de mule de Gerson une victoire inoubliable. Et, si le match s’était finalement achevé sur une défaite, n’oublions pas que durant 70 minutes durant, le résultat entre le Luxembourg et le Portugal champion d’Europe en titre demeurait incertain.
Ajoutons à cela que le classement permet de considérer qu’un résultat nul serait là aussi une bonne affaire, et voici donc les Roud Léiwen dans une situation intéressant. Ainsi, au coup d’envoi, fort de son bon début de campagne, le onze titulaire pourra se permettre de piéger un adversaire qui, à domicile, ne peut imaginer autre alternative que la victoire. Et oui, l’avantage du terrain sera en faveur de la Serbie. Et oui, les Tadic, Milinkovic-Savic, Luka Jovic et autre Mitrovic jouent tous dans des clubs du plus haut niveau. Et oui, les joueurs hôtes pourront compter sur le soutien de leurs supporters, réputés pour offrir des ambiances particulièrement chaudes. Mais les Roud Léiwen doivent savoir qu’au vu des résultats récents, de l’ambition et le courage affichés sur le terrain, et l’opportunité historique qui se présent à eux, ce n’est pas 10, 15 ou 20 000 spectateurs derrière eux : c’est tout simplement 600 000 personnes qui vont soutenir l’équipe nationale.
 

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