Stéphane Léoni : «Je refuse de parler de titre»

Le Progrès Niederkorn a marqué les esprits ce dimanche en infligeant un cinglant 4-1 au Fola et en reprenant la tête de la BGL Ligue. L’entraîneur, Stéphane Léoni, tient malgré tout à calmer tout le monde : hors de question de parler de titre avant le mois de mai, la priorité reste la qualification pour l’Europe le plus vite possible. Même s’il reconnaît la qualité de son groupe et une mentalité irréprochable, qui, on le dira pour lui, peuvent mener son club très loin.

Dimanche, chez vous, vous battez le champion en titre 4-1. Vous avez d’abord été patients et solides, ils ont d’ailleurs été légèrement plus dangereux que vous en première période. Puis le festival a démarré à partir du deuxième but à la 60e minute… C’est le plan qui était prévu ?

Oui, l’objectif était de les attirer pour pouvoir les contrer. On a eu du mal en première mi-temps, avec le terrain qui n’était pas très bon, et nous qui n’étions pas dedans, mal positionnés. On s’est mis en danger tous seuls plusieurs fois. Ils en ont profité pour avoir des occasions franches à ce moment-là. On ouvre malgré tout le score et on mène à la mi-temps. Mais dans les vestiaires, j’ai dû les bouger, on n’était pas dedans. Je fais des choix offensifs malgré l’ouverture du score et cela a fonctionné. A la fin, c’est une belle journée pour nous. Les consignes n’ont pas été respectées en première période, elles l’ont été en seconde. C’est juste dommage de prendre ce but à la fin…

Comment analysez-vous cette victoire et l’écart final, sévère, avec le Fola ?

Cela s’est joué sur les consignes appliquées en seconde mi-temps. Chaque équipe a eu une mi-temps, eux la première, nous la seconde. Sauf qu’on a été plus tueurs qu’eux devant le but. On a aujourd’hui la meilleure attaque du championnat, nos entrants marquent… Il y a beaucoup de qualité. On avait perdu au match aller, une rencontre qui m’était restée en travers de la gorge, j’en ai parlé pendant la semaine. Après je n’aime pas trop parler de l’adversaire… Ce que je peux dire, c’est que le Fola reste une très bonne équipe et l’Europe est loin d’être finie pour eux.

Comme souvent ces derniers matchs, votre banc apporte énormément. C’est un de vos plus gros points forts ?

On a une équipe de qualité. Mais comme d’autres équipes, Dudelange, le Racing, le Swift… ces clubs ont aussi du banc. Ce qui fait la différence chez nous, c’est sûrement un très bon état d’esprit de groupe. Il y a une grosse concurrence dans l’équipe et elle est plus facile à vivre quand les résultats suivent… Il faut surfer sur cette vague. A chaque match, je laisse six joueurs dans les tribunes, c’est dur pour eux et j’aimerais le souligner, leur dire que je sais combien ce n’est pas évident. Mais tout le monde joue le jeu, tout le temps, et c’est cette mentalité qui fait notre force.

En battant le champion de cette manière, en le repoussant à sept longueurs, en reprenant la place de leader par la même occasion, vous avez frappé un très grand coup, que ce soit dans la course à l’Europe ou même dans la course au titre…

Je refuse de parler de titre. Après la victoire à Dudelange, on se relâche, on n’est pas bons contre Rosport. On a sept points sur le quatrième, c’est bien pour la course à l’Europe. Mais je ne parlerai pas de titre avant le mois de mai. Je ne regarde même pas le classement, je me concentre sur le match d’après.

Justement, le Progrès n’aime pas trop ce statut de leader, on sent que cela vous pèse plus qu’autre chose et que vous êtes plus à l’aise dans le rôle de poursuivant. C’est quelque chose que votre groupe doit apprendre, à gérer cette pression ?

Honnêtement, il n’y a aucune pression. Aujourd’hui, on est premiers parce qu’on le mérite, mais ce qui compte, c’est d’être premiers à la fin du championnat. Ma priorité est de regarder les points d’avance qu’on a sur le quatrième pour l’Europe. Après, si à quatre journées de la fin on est toujours premiers au mois de mai, peut-être qu’on commencera à parler du titre. Mais pas avant. Vous savez, le championnat est beaucoup plus difficile que l’an dernier, on assiste à des surprises tous les week-ends. En attendant, à nous d’être réguliers.

Ce dimanche, le stade était bien rempli, le public bruyant et enthousiaste. Cela change beaucoup de choses ?

On a la chance d’avoir des supporters qui nous suivent tout le temps, même à l’extérieur, notamment leur leader Jean-Marie que je salue. On est un club familial, tout le monde est concerné et ça marche. Il y avait une super ambiance dimanche et on espère vraiment que cela va continuer comme ça.

Vous vous déplacez à Hostert le week-end prochain, ce n’est jamais facile là-bas. L’objectif est tout de même d’assumer ce statut de leader et de bonifier cette victoire face au Fola ?

Hostert est une très bonne équipe, capable de mettre trois buts en vingt minutes. Mais tout en respectant l’adversaire, je jouerai ce match pour le gagner et rester invaincu, comme tous les autres. Tous les matchs sont difficiles cette année, mais on les joue tous pour prendre les trois points au Progrès.

Comment allez-vous gérer les prochaines semaines ? Quelles sont les priorités ?

C’est de préparer match après match et de gagner. On joue pour gagner, encore une fois. On pourra profiter de la trêve pour bosser avant le Swift. Pour le moment, on est concentré sur Hostert. On veut prendre des points pour être européens le plus rapidement possible et après on verra. Mais là, on ne parle pas de titre.

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