Portugal – Luxembourg : d’égal à égal

Le 12 octobre, trois petits jours après avoir affronté la Serbie, les Roud Léiwen seront de nouveau sur la pelouse, avec un affrontement XXL face au Portugal, à Faro. Une rencontre qu’il s’agira d’aborder avec le même état d’esprit que la manche aller où, pendant soixante-dix minutes, le Luxembourg aura sérieusement fait vaciller la sélection lusitanienne.

Assumer un nouveau statut

C’était sur la pelouse d’un stade dorénavant à la retraite. Au Josy Barthel, le temps de soixante-dix minutes, le Luxembourg a regardé son adversaire du soir droit dans les yeux. Auteurs d’une excellente partition, les joueurs de Luc Holtz avaient réussi à faire totalement déjouer les alors champions d’Europe en titre. Et le but de Gerson, intenable ce soir-là avait récompensé une prestation solidaire, conquérante, et dénuée de tout sentiment d’intimidation. Et il est certain que si Diogo Jota n’avait pas réussi à égaliser juste avant la mi-temps, la physionomie de la rencontre aurait été tout autre durant la seconde période. Hélas, malgré ce même courage lors des quarante-cinq dernières minutes, les Roud Léiwen avaient fini par céder, épuisés après une débauche d’énergie conséquente. Mais le contenu, l’attitude, l’abnégation avaient été des exemples sur lesquels la sélection doit à nouveau s’appuyer pour faire douter une Seleçao loin d’être un foudre de guerre. 

Avant tout, il parait aujourd’hui nécessaire d’assumer le nouveau statut des Lions Rouges. Il est temps de dire adieu à l’image de petite nation, envoyée en victime expiatoire sur le terrain de sélection prête à améliorer leur goal average. Les résultats de ces dernières années ont montré que le temps de quatre-vingt-dix minutes, le Luxembourg était capable de sérieusement gêner tout adversaire, que cela soit l’Italie, la France, ou le futur adversaire du soir. En continuant de se tenir droit, de jouer son football, de surprendre ses adversaires surpris d’une si bonne qualité technique, l’apprentissage du haut niveau continuera et rapprochera, match après match, le Grand-Duché des plus grandes équipes mondiales.

Se servir de Zagreb

Il y a un mois, la sélection avait failli face à la Serbie. Si la défaite n’était en soi pas choquante et se doit d’être acceptée, la manière elle, n’avait pas été bonne. Trop justes physiquement, les joueurs de Luc Holtz n’avaient pas été capables de faire douter un adversaire bien mieux en place, plus agressif, et au final, plus létal. Le score de 4-1 était absolument mérité et montrait bien qu’au delà du différentiel qualitatif des deux groupes, l’attitude n’avait pas été en adéquation avec l’enjeu de la rencontre. Trop gentils, timides, et trop prompt à dégager le ballon, les Roud Léiwen n’avaient pas vu le jour. 

On pourrait dès lors aisément vouloir ranger aux oubliettes cette défaite. Mais cela serait une erreur. Car rien dans la vie ne se doit d’être considéré comme inutile. La pire des performances ne doit pas être rayée, mais plutôt retenue. Ainsi, ce Serbie – Luxembourg est un exemple parfait de ce qu’il ne faut pas faire. Et c’est en s’appuyant sur les leçons retenues lors de cette rencontre que la sélection continuera de grandir. Ce soir-là, l’insouciance, l’absence de pression, le plaisir de jouer avaient semble t-il disparu. Il sera donc dès lors vital de les retrouver pour ce clash dans laquelle la partition tant collective qu’individuelle se devra d’être irréprochable pour empocher quelques choses de cette rencontre.

Tant le Luxembourg – Portugal du 30 mars, parfait exemple de ce qu’il faut faire pour gêner un tel adversaire, que le Serbie – Luxembourg du 04 septembre, parfait exemple de ce qu’il faut éviter de produire sont des illustrations qu’il faut retenir. Et la conclusion de tout ceci n’est pas compliquée : évidemment, la sélection est plus qu’outsider. Mais cette dernière a prouvé qu’en jugeant son jeu, en mettant de côté les grands noms face à elle, et en se focalisant sur ce qu’ell sait faire de mieux, elle était capable de titiller les plus grands.

Ce 12 octobre, sur les coups de 20h45, le Portugal reçoit le Luxembourg. Une rencontre dans laquelle Cristiano Ronaldo et ses coéquipiers seront évidemment favoris. Mais la rencontre du match aller, les victoires face à l’Irlande et l’Azerbaïdjan et les progrès indéniables des Roud Léiwen doivent non seulement être pris en compte, mais surtout absorbé pour rappeler encore une fois à quel point les temps ont changé. La qualité de l’effectif est aujourd’hui évidente, et la génération de joueurs présents dans le groupe assume de plus en plus son statut d’équipe profondément talentueuse. Les préceptes de jeu de Luc Holtz, favorisant la transition par le collectif et la relance propre ont trouvé écho au sein du groupe, et le plaisir de se tester face aux grosses nations est indéniables. Il faut donc maintenant encore et toujours se souvenir qu’il n’y a rien de choquant à voir un onze du Grand-Duché regarder droit dans les yeux une des plus belles sélections mondiales. Avec cet état d’esprit, avec ce courage de se tenir bien droit, et avec l’abnégation et solidarité d’un groupe semblant bien vivre ensemble, la rencontre de mardi ne pourra être autre chose qu’une satisfaction.

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