Dan Huet : « Il faut prouver chaque week-end »

L’entraineur du FC Wiltz nous parle du début de saison de son équipe, de son avenir mais aussi de son jeune âge pour un entraineur.

Peut-on parler d’un très bon début de saison pour votre équipe ?

Je pense que nos deux victoires ont été méritées. Au niveau du fond de jeu, de l’animation offensive et défensive, de l’envie, on était au-dessus de notre adversaire. Après contre Dudelange, on est tombés contre une équipe qui était ce jour-là meilleure que la nôtre. 6 points sur 9, c’est le résultat logique du déroulement des trois matchs.

Comment s’est passé la préparation d’avant-saison ?

La préparation s’est très bien passée. On a pu garder notre noyau de titulaires, et on s’est renforcés à certains postes. La préparation consistait à introduire ces nouveaux joueurs dans notre système de jeu, créer des automatismes.

C’était une condition pour bien démarrer le championnat et elle a porté ses fruits, tant au niveau du fond de jeu qu’au niveau physique.

Après être passés proche de l’Europe la saison dernière, pensez-vous que l’équipe soit préparée pour atteindre cet objectif cette saison ?

La saison passée, personne ne s’était mis comme objectif de jouer les quatre premières places. On démarrait d’abord pour se maintenir. Comme on a eu un très bon début de championnat jusqu’au mois de décembre, à partir de là on a commencé à faire rêver beaucoup de gens, à commencer par nous. Mais notre effectif n’était pas assez large. Si nous avions pu jouer avec nos titulaires toute la saison, ça n’aurait pas été seulement un rêve, mais plutôt une véritable opportunité. Maintenant, cette saison, on ne parle pas beaucoup de ça car si on commence à parler de ce qu’il va se passer à la 30e journée, on brûlera des étapes. On a un noyau bien plus grand, on a plus de choix, plus de concurrence, mais avoir de meilleurs joueurs ne veut pas forcement dire avoir une meilleure équipe. Donc on doit prouver chaque week-end et tirer un bilan en fin de saison. Ça ne sert à rien de parler d’Europe, notre objectif est seulement de faire mieux que la saison dernière. Cela se fera step by step. En tant que promu, on doit surtout confirmer.

C’est votre 6e saison à Wiltz, y a t-il une envie d’aller voir ailleurs un jour ?

Lorsque j’ai signé il y a 6 ans mon premier contrat, il n’y a pas beaucoup de gens qui s’attendaient à me voir là encore aujourd’hui, même moi je n’y aurai pas cru. En 2016, on s’était mis comme objectif la BGL Ligue pour 2020. On l’a atteint, maintenant on s’est mis un nouvel objectif, celui de jouer en Europe dans les cinq prochaines années. Après six ans et tellement de boulot, de jours, de semaines, de mois et d’années, je pense qu’on est liés. Mais il y aura forcément un jour où nos chemins se sépareront, mais ça dépend de beaucoup de facteurs. Aujourd’hui je ne pense pas du tout à ça, je suis content ici, le club a de bons résultats. Si un jour, je sens que le club ne va plus dans la même direction et la même idéologie que moi, ce sera le moment de ne plus être ensemble. Mais on a construit quelque chose de beau, et on a encore de beaux objectifs devant nous, donc ma pensée est complètement à Wiltz.

Vous êtes le plus jeune entraineur de BGL Ligue, est-ce qu’il est difficile de s’imposer en tant que coach quand on a le même âge, voire quand on est plus jeune, que certains joueurs ?

Oui, même à 35 ans j’ai encore des joueurs plus vieux que moi ! (Rires). Je ne pense que ce soit une question d’âge, mais plus de respect. Que ce soit un joueur de 18 ans ou de 38 ans, ça dépend toujours des relations humaines. Le management d’hommes, c’est l’essentiel du rôle d’entraineur, c’est-à-dire comment gérer le groupe, comment gérer les joueurs individuellement. D’un autre côté, les qualités de l’entraineur au niveau footballistique et tactique sont aussi importantes et là non plus il n’y a pas d’âge. Mais au début, ce n’est pas évident parce que l’on a en face de nous des joueurs qui ont un certain vécu, une certaine expérience dans le football, que l’on n’a pas vécu en tant qu’entraineur et joueur. Il faut beaucoup d’écoute envers les joueurs, parce que si on se place toujours au-dessus d’eux, ça ne peut pas marcher. Il y a des certes connaissances théoriques, mais il y a aussi du management. C’est la base d’un entraineur. Je suis là depuis six ans, donc je pense que le travail n’a pas été catastrophique ! (Rires).

Vous affrontez le Racing ce week-end, quelles vont être les clés de ce match ?

La saison passée, on a perdu deux fois 1-0. Ce n’est pas la meilleure équipe, mais le Racing gagne énormément par 1-0. C’était déjà le cas la saison dernière, et ça l’est de nouveau cette saison, puisque sur trois matchs ils ont gagné deux fois de la sorte. Donc défensivement, c’est costaud, et offensivement, ils arrivent toujours à marquer un but pour accrocher la victoire. Physiquement, on va devoir tenir le coup, mais on les a analysé et on a mis des choses en place pour bien les aborder. On a les qualités pour pouvoir mettre en danger dans le jeu.

Vous avez un calendrier plutôt clément dans les prochaines semaines avec des rencontres face à Pétange, Mondorf et Ettelbruck. Est-ce que c’est la bonne occasion pour prendre de l’avance au classement ?

On a vu que tout le monde pouvait battre n’importe qui. On a récemment vu Pétange gagner contre Hesperange, Mondorf fait également un bon début de saison… Donc on va avoir des matchs très serrés. Nos joueurs savent ce qu’il s’est passé la saison dernière face à Pétange où l’on avait perdu 5-1, donc il faudra toujours être à 100%, parce que si nous nous relâchons, nous ne pourrons pas gagner tous les matchs. Mais au niveau du calendrier, on regardera match par match, en essayant de ne jamais relâcher le pied pour toujours récolter les trois points. 3 points contre Pétange ou Ettelbruck, ce sont les mêmes 3 points que contre les gros du tableau.

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