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08/04/2026

Derek Wilson : « L’Arantia n’est plus un petit club »

Le 7 février, Derek Wilson, le capitaine d’Arantia Larochette, et son équipe ont écrit l’histoire en remportant la Coupe à la Coque, un trophée que le club n’avait plus soulevé depuis 1970, soit 56 ans. Le joueur emblématique revient sur cette victoire mémorable, avec l’ambition de décrocher un doublé historique.

MENTAL! : Qu’avez‑vous ressenti à l’issue de la finale ?

Derek WILSON : J’étais très content, mais aussi soulagé, car c’était beaucoup de travail et de pression. Cette victoire récompense tout le travail accompli, pas seulement cette saison, mais depuis de nombreuses années. Pour la plupart des joueurs du club, c’était une première victoire, sauf pour moi, puisque j’avais déjà soulevé la Coupe en 2011 avec Ettelbruck.

Mais cette fois, l’émotion était différente. À l’époque, j’étais un jeune de 18 ans dans un club déjà établi. Ici, à Arantia, j’ai vu l’équipe progresser depuis la deuxième division, et j’ai contribué à son parcours. Peu à peu, on s’est vraiment établi comme une des équipes qui joue pour des titres. En 2022, nous avons atteint la finale de la Coupe, et maintenant, nous avons remporté un titre. On voit vraiment une ligne de progrès. Être capitaine rend ce succès encore plus spécial.

Qu’est-ce qui a fait la différence selon vous ?

Depuis deux ans, nous avons un nouveau coach, pour la première fois professionnel, et il nous fait confiance. Même lorsque les tirs ne rentrent pas ou que nous faisons quelques erreurs, il sait que nous allons appliquer son plan et travailler dur à l’entraînement. C’est précieux de compter sur quelqu’un qui nous connaît et en qui on a confiance.

Sur le papier, nous sommes forts, avec quatre joueurs professionnels dans l’équipe, ce qui a vraiment fait la différence sur le parquet. Mais au-delà de la qualité de nos joueurs, c’est la combinaison de notre style de jeu, de la confiance dans nos systèmes et de l’identité d’Arantia qui nous a permis de gagner.

Certains joueurs, comme Edson (Silva), qui a commencé à s’entraîner avec nous à 14 ans, jouent ensemble depuis l’adolescence. Même ceux qui n’ont pas joué en finale, comme Alan (Genoud) et Noé (Tibold), font partie du parcours. Ce qui est très beau, c’est que tous les joueurs de l’équipe ont une histoire avec le club. Je crois que c’est pour cela que nous sommes tous si heureux aujourd’hui.

Même lorsque les matchs étaient difficiles, nous sommes restés confiants dans notre défense et dans le plan de jeu du coach. Le travail a fini par payer. Nous avons des entraînements très intensifs avec au moins douze joueurs présents à chaque séance, ce qui nous donne un avantage physique et mental. Si l’on travaille autant pendant la semaine et qu’on passe moins de temps avec nos familles, c’est pour vivre des moments comme celui-là.

Votre parcours pour atteindre la finale n’a pas été simple. Vous avez notamment dû vous
imposer face à Sparta Bertrange (79‑78) dans une demi-finale à suspense. Comment l’avez-vous
préparé ?


En décembre, lors du championnat, après 7 ou 8 victoires consécutives, nous sommes arrivés avec un peu trop de confiance pour affronter Ettelbruck et nous avons perdu de presque 30 points, sans jamais trouver de solution face à une équipe très solide. Cela nous a remis les pieds sur terre et nous a obligés à travailler encore plus dur.

Ce n’était même pas encore la mi-saison, donc c’était la période parfaite pour se reconcentrer. On a réagi très vite. Trois jours plus tard, nous avons affronté Sparta, sans notre joueur américain Kevon (Lamar Godwin), et cette fois, nous avons gagné. Cela nous a montré que nous pouvions rivaliser et battre n’importe quelle équipe.

Pour préparer la demi-finale, nous avons revu ce match contre Sparta, en sachant que ce serait un peu différent puisque Kevon n’avait pas joué la première fois. Sur le plan technique et tactique, nous étions très bien préparés.

Jouer à la Coque peut changer la donne : c’est un autre terrain, une autre atmosphère. Il a fallu un peu de temps pour s’adapter. Globalement, nous n’avons pas modifié notre préparation. Nous avons poursuivi nos entraînements intensifs et nous sommes appuyés sur ce qui fonctionnait déjà.

Nous étions deuxièmes du championnat, à égalité de points avec Sparta, donc il n’y avait aucune raison de bouleverser notre manière de faire. Nous avions juste un peu plus de temps pour analyser leurs systèmes de jeu. Bien sûr, la pression était présente, mais au final, cela restait un match de 40 minutes : l’équipe qui marque le plus de points gagne.

Comment s’est passé le match contre Sparta sur le terrain ?

Il a été très compliqué pour nous, surtout au début. Nous n’étions pas prêts mentalement et physiquement à l’intensité que Sparta a imposée. D’habitude, c’est nous qui mettons la pression avec notre défense, mais là, c’est eux qui ont pris le dessus. Peut-être qu’on voulait éviter les fautes, mais si on ne joue pas bien en défense et que les autres marquent, il devient difficile de trouver un rythme offensif, car nos contre-attaques sont limitées. En première mi-temps, je ne me souviens même pas si nous avons marqué en fast-break. Si c’est le cas, c’était très peu.

À la pause, nous étions menés de 14 points, notamment grâce à la première mi-temps impressionnante de Max Logelin (Sparta). Nous savions qu’il ne fallait pas le laisser continuer comme ça. Cela nous a forcés à changer d’intensité, à faire des traps (double marquage sur le porteur de ballon), à vraiment jouer en full court press.

Revenir après un déficit de 19 points, c’était énorme. À partir du troisième quart-temps, nous avons commencé à croire que nous pouvions gagner. Nous avons pris environ 8 points d’avance, mais ils sont revenus au score, car recoller nous avait demandé beaucoup d’efforts. Ça a été tendu jusqu’à la fin. Cette remontée nous a permis de croire en nous-mêmes et en notre capacité à remporter la finale.

La finale contre Ettelbruck semblait moins tendue (87-83), mais ce n’était pas tout à fait le
cas lorsqu’on décortique le match. Qu’avez-vous ressenti sur le terrain ?


Même si nous avons gagné 87-83, ce n’était pas simple. Face à Sparta, c’était plus facile d’identifier ce qui ne fonctionnait pas. On avait conscience que le problème venait de nous. Là, je pense que nous avons vraiment bien joué, mais le match a été très intense, d’un niveau supérieur à celui de la demi-finale. Ça peut paraître bizarre de dire ça, alors qu’on avait été menés de 19 points face à Sparta, mais la finale était clairement plus compliquée.

Nous étions en finale, prêts à soulever la Coupe, la pression était plus élevée. Et nous avions beau jouer comme on le voulait, ça ne marchait pas. À la mi-temps, nous menions de 3 points. Ce n’est qu’à partir du troisième quart-temps que nous avons pris largement l’avantage grâce à Vic (Heuschling) qui a marqué 16 points en 4 minutes. Il a fallu ensuite résister au retour progressif de nos adversaires, qui sont revenus à deux points à 7 secondes de la fin. Chaque attaque et chaque défense étaient très exigeantes, mentalement et physiquement, et on ne faisait que surveiller l’horloge en espérant voir le temps passer plus vite. Encore une fois, c’est notre défense qui nous a offert la victoire. Depuis que je suis dans cette équipe, près de 10 ans, elle reste notre pilier.

Avez-vous pu célébrer cette victoire historique ?

Bien sûr ! C’était la première Coupe remportée par Arantia depuis 56 ans. Peu de gens sont encore là pour s’en rappeler aujourd’hui, et pour beaucoup de joueurs, supporters et membres du club, c’était le premier succès auquel ils assistaient. Nous avons vraiment les meilleurs supporters du pays : parents, enfants et passionnés nous suivent depuis le début et ont vécu le parcours avec nous. Voir des joueurs comme Edson (Silva), présent au club depuis son enfance et acteur clé sur le terrain, inspire les jeunes et les encourage à rêver de moments comme celui-ci. Cette victoire est aussi une reconnaissance du travail du comité et de toute l’organisation du club. Arantia n’est plus un petit club : nous pouvons désormais jouer avec les grands, et nous l’avons montré.

En tant que capitaine et joueur de longue date, cette victoire a-t-elle une saveur
particulière pour vous ?


Oui, c’est très spécial. Je suis devenu papa il y a cinq mois, donc je ne sais pas combien de saisons il me reste devant moi. J’ai presque 35 ans, je me sens encore jeune, mais je suis l’un des joueurs les plus âgés de la ligue. Quand je suis arrivé à Arantia, notre objectif était de gagner quelque chose. Peu à peu, avec l’arrivée de mon frère et d’autres transferts, le club a grandi, et aujourd’hui, ce n’est plus un petit club. Tout le travail accompli, le temps passé à l’entraînement, loin de ma famille, rend ce triomphe encore plus beau. C’est une grande satisfaction personnelle, mais aussi une réussite partagée avec tous ceux qui ont contribué au succès du club.

Devenir papa vous a-t-il donné un surcroît de motivation pour aller décrocher la Coupe ?

Oui, clairement. Ma petite fille et ma femme étaient à l’hôtel de la Coque et ont suivi le match à la télévision. Même si elle ne s’en souviendra pas, c’était une grande motivation pour moi et je peux quand même dire qu’elle était là.

En tant que professeur, vos élèves étaient-ils dans les tribunes pour vous soutenir ?

Oui, quelques élèves et parents étaient présents et suivent nos rencontres régulièrement, même s’ils sont plutôt supporters d’Ettelbruck, puisque je travaille dans une commune proche de cette ville. Après la victoire, cela ne les a pas empêchés de tous me féliciter, ce qui fait vraiment plaisir.

Après cette victoire en Coupe, abordez-vous le championnat avec plus de confiance et
d’ambition ?


Oui, maintenant notre objectif est de réaliser le doublé. Gagner la Coupe, c’était génial, mais il reste une autre étape : le championnat. Nous voulons confirmer que nous sommes l’une des meilleures équipes du Luxembourg. Nous avons les capacités de le gagner, mais c’est encore un niveau de difficulté supérieur. Il faut rester concentrés sur la durée et faire preuve de régularité. La Coupe peut parfois se jouer sur un coup de chance ou de malchance : il suffit qu’un joueur se blesse et c’est fini. Alors qu’en championnat, c’est généralement la meilleure équipe qui l’emporte. À nous de prouver que c’est nous.

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