Valentin Cuny : «Alors, j’ai enfilé mon K-way»

Il est arrivé à l’aube de la saison 2019/2020 au Luxembourg et s’y est fait rapidement un nom. Pour sa première saison, Valentin Cuny a été l’un des grands artisans du retour de Bettembourg en Promotion d’Honneur, marquant 17 goals et délivrant 12 passes décisives en seulement 13 matchs. Cet hiver, il a quitté le Sporting pour rejoindre Rumelange et Manuel Cuccu, son doublement ancien coach. Ce dimanche, il fera son grand retour sur le synthétique de Bettembourg, mais dans le camp adverse. L’influence de son k-way, son transfert et ses objectifs, Valentin Cuny n’a éludé aucun sujet à notre micro.

Cet hiver, vous avez quitté Bettembourg pour Rumelange. Est-ce que vous pouvez expliquer les raisons de ce transfert ?

J’ai souhaité partir à Rumelange pour tenter de vivre une deuxième montée, étant donné qu’ils avaient pour objectif premier de monter en BGL Ligue. Je vais faire tout mon possible pour apporter ma pierre à l’édifice. C’est la première raison. La seconde, c’est que même avant que Manuel Cuccu ne parte à Rumelange, leur précédent coach (n.d.l.r Christian Lutz) m’avait déjà inscrit sur leur liste de transferts pour que je rejoigne le club. Je tiens également à remercier Gérard Jeitz (n.d.l.r. le Président de l’USR) pour la confiance qu’il m’a donné.

En parlant de montée, vous en avez connu une avec Bettembourg, même si avec la covid, elle n’a pas vraiment eu lieu comme vous l’auriez certainement souhaité…

Exactement. Je tiens d’ailleurs à remercier Bettembourg, parce que le club m’a permis de vivre quelque chose d’assez inédit. La montée n’a pas eu la même saveur du fait que le championnat s’est arrêté en milieu de saison. Cependant on était sur une lancée telle que peu d’équipes pouvaient rivaliser avec nous. Ç’aurait été un plaisir d’aller jusqu’à la fin de la saison pour fêter. Mais je pense que personne n’aurait pu nous contester la montée. Mais c’est vrai qu’un match est un match…

Je me rappelle avoir assisté au fameux 6-0 contre Schifflange. Votre deuxième mi-temps avait été impressionnante…

C’est un match qui restera gravé dans les mémoires. C’était 0-0 à la mi-temps et dans les vestiaires, je me suis alors demandé comment je pouvais prendre le dessus sur mes adversaires. Alors, j’ai enfilé mon k-way. Il m’a permis de rester sec et de ne pas subir le vent. Ce n’est pas ça qui a fait la différence, mais ça m’a tenu chaud, et dans les dix dernières minutes, j’ai marqué trois buts. Les autres étaient mouillés, et avec le vent ils avaient encore plus froid. Moi, j’étais sec. On avait eu de la chance de jouer ce match-là. C’était le premier contre le deuxième. Il a eu lieu le 1er mars, soit quelques jours avant que nous ne soyons confinés.

Cette saison, vous n’avez pas joué avec Bettembourg dans la première partie de saison. Pourquoi ?

Là, on va lever un sujet assez délicat. Disons que Bettembourg n’a pas choisi de me transférer de la manière la plus simple possible. Il y avait de grosses sommes financières en jeu et à cause de cela, le transfert a mis du temps. Rumelange, comme tout autre club dans pareille situation, devait s’assurer de faire le bon choix. Tout ce que je vais dire c’est que le fait de ne pas avoir joué en début de saison était indépendant de ma volonté.

Comment vit-on pareille situation en tant que joueur ?

C’est une expérience assez délicate. Il faut garder le mental et ça c’est compliqué, parce qu’on ne sait pas vraiment dans quelle direction on va. Je joue au foot depuis que je suis né. J’ai fait beaucoup de sacrifices pour le foot. Lorsqu’on arrive dans une situation comme celle-ci, c’est très délicat de gérer ses émotions. Avant de parler d’argent, on est surtout sevré de foot et du plaisir de jouer. Du coup dans mon rythme et dans mon équilibre de vie, ça a énormément joué. Il fallait compenser par une préparation physique en autonomie. Ayant eu la chance d’être dans des cursus professionnels quand j’étais plus jeune, j’ai pu m’autogérer. Je me suis imposé trois à quatre entraînements de préparation musculaire et de course par semaine. J’espérais fortement pouvoir rejouer au Grand-Duché de Luxembourg au mois de janvier. J’ai tout fait pour rester en forme et garder ma condition physique. Mais ce n’est pas pareil qu’un entraînement en équipe. Si je fais un sport collectif, c’est pour être dans un collectif justement. En janvier, il m’a fallu un bon mois d’entraînement physique avec un groupe pour récupérer le rythme du football. Mais c’est revenu assez rapidement.

Mais la reprise du championnat ne s’est pas faite de la meilleure manière avec le nul 2-2 contre Bissen et la défaite 0-3 contre Junglinster…

Non, c’est vrai. Le match contre Junglinster, disons que c’est un accident. Chaque équipe a le droit à un joker. Le joker, on l’utilise soit en début, soit en milieu, soit en fin de saison. De notre côté, on a maintenant utilisé notre joker. On doit désormais se concentrer uniquement sur la victoire pour atteindre nos objectifs. Pour en revenir au match de Junglinster, on ne s’attendait vraiment pas à ça pendant les 15 premières minutes. Mais le match était déjà assez délicat dans la préparation, étant donné que notre effectif type dans le secteur défensif ne pouvait pas être aligné. On a dû travailler la semaine un petit peu dans l’urgence pour être prêt pour le weekend. Après, Junglinster a fait 15 bonnes premières minutes où ils ont mis beaucoup d’intensité. Notre groupe va s’en remettre et on ne va certainement pas lâcher.

À l’image du premier tour, Rumelange semble avoir du mal à se lancer…

Oui, et bien aujourd’hui, pour répondre à nos objectifs, qui sont de gros objectifs, on ne peut pas se permettre un même début de second tour pour la simple et bonne raison que le championnat est très serré. On ne peut plus se permettre de perdre. Déjà le weekend dernier on ne pouvait pas se permettre la défaite, et du coup ça s’est encore plus resserré. La montée dans ce championnat va se jouer sur des détails.

Vous allez maintenant affronter votre ancien club de Bettembourg sur un synthétique que vous connaissez bien. Est-ce que le terrain va jouer un rôle majeur dans cette rencontre ?

Il faut déjà mentionner que contre Junglinster le terrain était compliqué. Certes, c’était le cas pour les deux équipes. Mais à Rumelange, sans prétention, il y a des joueurs de très grande qualité, très habiles techniquement. Ce sont des joueurs qui préfèrent jouer sur un terrain synthétique plutôt que de jouer sur un terrain vert en cette période. Surtout à Bettembourg, parce que c’est un synthétique assez exceptionnel. Notre terrain est très beau, mais entre mars et mai, il sera dans un bien meilleur état qu’il ne l’est actuellement. C’est d’ailleurs valable pour toute la région. Aller jouer à Bettembourg sur ce synthétique que je connais aura une saveur un peu particulière. Maintenant, c’est selon les choix du coach si je serai sur le terrain ou non. J’espère être sur le terrain.

C’est d’ailleurs la troisième fois que vous êtes sous les ordres de Manuel Cuccu, n’est-ce pas ?

Oui, exactement. Comme vous l’aviez écrit, ça a toujours porté ses fruits. Maintenant, j’arrive dans un nouveau club avec des joueurs de très grande qualité et je dois faire mes preuves. Quel que soit mon nom, quelle que soit notre relation, le coach ne me fera pas de cadeau. Le coach est là pour faire jouer les meilleurs et ceux dont il pense qu’ils feront gagner l’équipe. J’ai toujours apprécié de travailler avec Manu. C’est un super mec sur le terrain et en dehors. Il trouve toujours les bons mots et surtout il sait comment gagner.

                                               Propos recueillis par Andy Foyen

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