Olivier Thill : « C’est la panique ici »

Olivier Thill joue au FC Vorskla Poltava. Un club Ukrainien, situé entre Kiev et Kharkiv. Alors que la guerre a éclaté dans la nuit, le joueur, livré à lui-même, se confie sur une situation désespérante, et le manque de solutions qui s’offre à lui.

« Tout le monde essaye de s’enfuir ». C’est ainsi que la conversation débute entre Oliver Thill et Mental, au gré d’une discussion WhatsApp dans lequel la peur et l’incertitude se fait sentir. Contacté une semaine auparavant, et sans savoir ce qui allait se passer par la suite, le joueur assénait, comme la grande majorité des gens résidants en Ukraine simplement « espérer qu’il n’y aura pas de guerre ».

«J'ai pris la décision d'une opération militaire spéciale» contre l'Ukraine, a annoncé à l'aube Vladimir Poutine dans une déclaration à la télévision, sans préciser l'ampleur de cette intervention. «Nous nous efforcerons d'arriver à une démilitarisation et une dénazification de l'Ukraine», a dit le maître du Kremlin assis à un bureau en bois sombre, promettant de conduire «au tribunal ceux qui ont commis de nombreux crimes, responsables de l'effusion de sang de civils, notamment des citoyens russes».

«Nous n'avons pas dans nos plans une occupation des territoires ukrainiens, nous ne comptons imposer rien par la force à personne», a-t-il assuré, appelant les militaires ukrainiens «à déposer les armes». Puis, il s'est adressé à ceux «qui tenteraient d'interférer avec nous (…) ils doivent savoir que la réponse de la Russie sera immédiate et conduira à des conséquences que vous n'avez encore jamais connues».

Ainsi, dans la nuit de mercredi à jeudi, ses espoirs sont tombés à l’eau. La Russie a lancé une offensive sur tous les fronts, comme le montre cette vidéo, que le joueur, là encore, nous a envoyé. Une situation de panique, des civils touchés, et une peur qui englobe dorénavant tout le monde. Alors que le championnat national a été arrêté, Olivier Thill, comme l’intégralité de ses coéquipiers, cherche à quitter le pays le plus rapidement possible.

Le problème, c’est avant tout, qu’il n’y a plus le moindre vol. Alors que le milieu offensif est en contact serré avec la délégation, cette dernière se retrouve bien impuissante, puisque sans possibilité de rapatrier le joueur par voie aérienne, les possibilités d’aider sont quasiment nulles. Le Ministère des Sports, lui aussi au courant de la situation, ne peut pour le moment réellement aider le club.

Reste alors l’option de partir en voiture… Alors qu’Olivier Thill explique que deux de ses coéquipiers sont déjà partis sur les routes, lui, espère en faire de même. Mais lorsque nous soumettons l’idée de rejoindre la Moldavie, plus proche frontière, le joueur répond par la négative. « Il y a des forces armées russes dans la zone la, on ne peut pas partir par là ». De plus, le joueur est à l’heure actuelle avec grand nombre de ses coéquipiers, et il n’est pas question de partir en laissant les autres derrière. Ainsi, la voiture n’est plus possible. 

La seule alternative restante est donc le bus, et la destination, la Pologne. Durée du trajet ? « Plus ou moins treize heures ». Et on n'aborde pas encore les bouchons. Le joueur, inquiet, nous assure que pour le moment, il est dans l’attente. Son club est en charge de préparer le déplacement, mais Olivier, toujours inquiet, termine par ses propos. « Je ne pense pas qu’on pourra être en Pologne d’ici demain.Ca ne m’intéresse même pas de savoir qui s’occupe du déplacement. Tant qu’ils nous amènent à Lviv, en Pologne, je suis content…»

La fédération impuissante :

Contacté par la rédaction, Marc Diederich, responsable presse de la sélection et juriste au sein de la FLF nous a confirmé la faible marge d'actions que la Fédération avait sur la situation. "Tant qu'ils sont en Ukraine, nos possibilités sont effectivement limitées. On ne peut pas envoyer une navette à Kiev pour les rapatrier, ça, c'est clair. Une fois qu'ils auront quitté l'Ukraine, avec le soutien du Ministère, nous serons capables de les sortir de là et les mettre en sécurité. C'est extrêmement frustrant, on ne peut pas faire grand chose. On donne le maximum de soutien, on assure un dialogue continu, et on est prêts à agir dès que nous en avons la possibilité."

Tendai Michot

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