
Buteur face au PSG pour son premier match officiel avec Aston Villa, Brian Madjo est devenu, à 17 ans et 212 jours, le plus jeune buteur de l’histoire de la Supercoupe d’Europe. Une nouvelle démonstration de précocité pour l’ancien Messin, formé au Grand-Duché avant de choisir les jeunes Three Lions.
À 17 ans, Brian Madjo vient déjà de laisser son nom dans les livres de l’UEFA. Titularisé mercredi à Salzbourg, l’attaquant d’Aston Villa n’a pas seulement tenu tête à la défense du champion d’Europe parisien mais il l’a bousculée.
Après deux têtes non cadrées et un ballon envoyé sur le poteau à la 44e minute, Madjo a été récompensé avant la pause. Sur un centre de John McGinn, il a repris de volée pour égaliser (45’) et effacer le record de Patrick Kluivert, buteur à 19 ans et 220 jours en 1995. Le PSG a finalement remporté la Supercoupe (2-1), grâce à Khvicha Kvaratskhelia et Désiré Doué, mais Madjo est reparti avec deux records : plus jeune titulaire et plus jeune buteur de l’épreuve.
Cette soirée prolonge une trajectoire menée à toute vitesse. Né à Enfield, puis élevé au Luxembourg, Madjo a débuté au Marisca Mersch avant de rejoindre le Racing FC Union. Repéré par le FC Metz, il a gagné la Lorraine en 2023 et inscrit 12 buts en 24 matchs avec les U19 en 2024-2025.
Le 17 août 2025, quelques semaines après la signature de son premier contrat professionnel, il était lancé face à Strasbourg. À 16 ans et 217 jours, Madjo devenait le plus jeune joueur du FC Metz à débuter un match de Ligue 1 depuis 1947-1948, ainsi que le premier joueur né en 2009 titularisé dans l’un des cinq grands championnats européens. Cinq apparitions dans l’élite auront suffi à convaincre Aston Villa de débourser environ 12 millions d’euros en janvier, le jour de ses 17 ans.
Son arrivée a pourtant été freinée plusieurs mois, la FIFA refusant son enregistrement en vertu des règles sur les transferts de mineurs. Aston Villa a obtenu gain de cause devant le Tribunal arbitral du sport le 4 août. Madjo avait entre-temps marqué quatre fois en préparation. Huit jours après le feu vert du TAS, il a transformé sa première apparition officielle en soirée historique.
C’est au Grand-Duché que cette ascension est la plus difficile à regarder. Formé au Marisca Mersch puis au Racing FC Union, Madjo a d’abord représenté le Luxembourg chez les jeunes. En 2025, à seulement 16 ans, il a ensuite disputé trois rencontres amicales avec les Rout Léiwen, face à la Suède, la Suisse et la Slovénie.
Après ces trois apparitions, Madjo n’était pas encore définitivement lié au Luxembourg. Selon les règles de la FIFA, un joueur ayant disputé au maximum trois rencontres avec une équipe nationale A avant ses 21 ans peut encore changer de sélection, sous certaines conditions.
En août 2025, Jeff Strasser l’avait convoqué pour les éliminatoires du Mondial face à l’Irlande du Nord et à la Slovaquie. S’il était entré en jeu lors de l’un de ces matchs officiels, Madjo aurait obtenu une quatrième cape et n’aurait plus pu représenter une autre nation. La convocation seule ne suffisait donc pas : il fallait qu’il participe effectivement à la rencontre.
L’attaquant a finalement refusé de rejoindre les Rout Léiwen, conservant ainsi la possibilité de se tourner vers un autre pays. Quelques jours plus tard, il était appelé avec les U17 anglais. Sous le maillot des Young Lions, il a depuis inscrit quatre buts en neuf rencontres, dont un dès ses débuts face au Venezuela.
Madjo n’a pas encore porté le maillot de l’équipe A anglaise, mais son choix sportif actuel ne laisse guère de doute. Chacune de ses performances ravive donc un peu plus les regrets luxembourgeois. D’autant que les Rout Léiwen n’ont marqué qu’un seul but en six rencontres lors des éliminatoires du Mondial 2026 et manquent toujours d’un véritable avant-centre capable de peser sur les défenses.
Puissant du haut de son 1,93 m, mobile, agressif dans la surface et déjà suffisamment sûr techniquement pour répondre présent face au PSG, Madjo possède précisément le profil qui fait défaut à la sélection. Il reste évidemment un jeune talent à accompagner, et non un joueur déjà accompli. Mais au rythme où il franchit les étapes, les lions rouges pourraient s’en mordre les doigts encore longtemps.