Joel Reichling : « Je comprends la colère du Racing »

Joel Reichling est l’entraîneur de l’Entente Wincrange/Wiltz. Après le match de ce week-end face au Racing, arrêté après trente minutes de jeu, le coach relate sa version des faits, après les propos colériques d’Alex Luthardt hier.

Pouvez-vous revenir avec nous sur le match de ce week-end entre l’Entente Wincrange/Wiltz et le Racing ? Comment avez-vous vécu la chose ?

J’ai contacté l’entraîneur du Racing mercredi. Je lui ai écrit que nous avions deux joueuses covid positives, cinq joueuses malades, et une suspendue. Par conséquent, je voulais savoir son opinion avant de demander à la FLF pour reculer le match. Cela aurait en effet obligé de jouer un mercredi. Mais j’avais besoin de son accord avant de faire une demande officielle. Il m’a répondu qu’il avait demandé à sa direction, et que ça n’était pas possible, car en semaine c’était très compliqué de venir à Wincrange. Je lui ai dit que je comprenais sa position, qui est tout à fait compréhensible, mais que nous voulions jouer vraiment avec une équipe compétitive contre eux, et pas avec un groupe de huit joueuses…

La décision est donc prise de jouer le match… À ce moment là, savez-vous déjà que vous ne serez pas capable de mettre en place une équipe compétitive ?

Oui. Les difficultés étaient là, on le savait. Entre les joueuses touchées par le Covid, les suspensions, les malades, et celles-non disponibles pour raisons privées – ce qui arrive à mes yeux trop souvent – j’espérais avoir des retour pour le match samedi, mais cela paraissait compliqué… Et au final, la situation s’est encore aggravée. Nous avons un cadre dix-sept joueuses à disposition, et sur ces dix-sept, dix n’étaient pas là..

Vous vous retrouvez donc avec seulement sept joueuses de disponible. De par les règlementations du championnat, vous êtes obligés de lancer le match pour éviter des sanctions graves, et au bout d’un certain temps le match s’arrête… De votre point de vue, c’était donc la meilleure des solutions ?

C’était la seule solution ! On avait déjà eu un forfait au premier tour contre Junglinster, dans une situation très similaire. Le règlement dit que deux forfaits implique une élimination du championnat. On était forcés de jouer, tout simplement.

Nous avons parlé avec l’entraîneur du Racing, qui était très en colère vis-à-vis de la situation, mais pas nécessairement contre votre équipe, mais bien plus sur le règlement qu’il estime injuste. Vous partagez ce point de vue ?

Je partage son point de vue de son point de vue (rires) ! C’est difficile, en particulier pour les petits clubs comme nous. On a un cadre de dix-sept joueuses encore une fois…

Mais est-ce que vous pensez précisément qu’avec un cadre de dix-sept joueuses, c’est possible d’être compétitif et de maintenir sa position dans la plus haute division ?
Oui. Si toutes nos joueuses sont là, on a une équipe compétitive qui peut jouer contre n’importe quel adversaire. On ne va peut-être pas battre le Racing, mais on va pouvoir jouer nos matchs. Cette situation ne s’est pas présentée au début de la saison, puisque nous avions quelques joueuses en plus. Mais là, en effet, à 17, c’est problématique. On a commencé à 22, mais malheureusement, les circonstances ont fait que…

En l’état, pensez-vous que la Ligue 1 Dames se déroule de la meilleure des manières ? Qu’avez-vous à dire sur le niveau du championnat ?

J’ai déjà dit plusieurs fois, y compris dans le question de la FLF, qu’il faut descendre à dix équipes. C’est trop en l’état.

On a l’impression quand on parle aux acteurs de ce championnat que tous veulent cette diminution. Par conséquent, qu’est-ce qui selon vous bloque pour descendre le nombre d’équipes ?

Je ne sais pas si ça bloque près de la FLF, qui fait beaucoup de travail dans la commission du foot féminin. Je pense que le coronavirus a joué un rôle néfaste dans tout ça. Je suis d’avis que sans Corona, nous serions déjà à dix équipes. Cela a retardé les choses. Maintenant, on ne peut pas changer les choses en saison, il faut attendre que le championnat soit terminé.

Vous pensez donc que c’est possible que la fin de cette édition, la Ligue 1 Dames passe à dix clubs ?

Je ne sais pas s’ils vont aller directement à dix… C’est aux responsables de la Fédération de décider. Mais je le répète : dix équipes augmenteraient le niveau de la Ligue, c’est certain.

Pour revenir aux propos d’Alex Luthardt. Ils ont vécu une situation assez similaire plus tôt dans la saison, face à Hesperange qui était amputé de beaucoup de joueurs et qui a déclaré forfait fort rapidement. Il estime que pour ses joueuses, qui font des déplacements, des sacrifices, c’est extrêmement injuste pour eux. Est-ce que vous êtes d’accord avec ça ?

Comme je vous ai dit, je comprends sa colère. Vraiment. Mais la situation qui s’est présenté samedi n’est pas du tout comparable avec le match contre Hesperange. Sur le papier, nous avons une deuxième équipe, mais celle-ci a été éliminé depuis longtemps. Si j’avais eu la possibilité d’aller chercher cinq ou six joueuses, je l’aurais fait. Mais c’était impossible. Tout simplement impossible.

On peut parler d’une situation exceptionnelle donc ? Sans aucune solution ?

Clairement. C’est une situation qui était absolument exceptionnelle. C’est la première fois que ça m’arrive dans toute ma carrière. Je ne suis pas le genre de mec qui veut tricher. Cela n’était pas ça. Nous étions en situation d’épidémie, on était victime de la situation, et on a fait ce qu’il fallait pour que le club survive. Cela me fait énormément de mal de commencer un match de football avec sept joueuses sur le terrain, parce que je trouve en effet que pour l’adversaire, ça n’est pas sportif. Mais c’était le seul moyen pour nous de continuer. Et je voudrais juste ajouter qu’il ne faut pas propager cette idée que la blessure que ma joueuse a eu était du trucage. Elle s’est vraiment blessée, et s’est vraiment fait mal. C’était une des joueuses qui était positive au Covid, qui a fait le maximum pour revenir, et qui a vraiment eu un claquage.

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