
Le football a cette particularité cruelle. Il offre et reprend avec la même brutalité, en faisant fi des explications et du calendrier. Caroline Jorge en sait quelque chose. La numéro 18 du club de la capitale avait abordé la saison 2025-2026 avec la certitude tranquille de celles qui savent exactement ce qu’elles valent.
39 fois décisive avant l’interruption impromptue de son exercice, elle affichait des statistiques similaires à sa colocataire de surface Coraline Corplet.
Puis mars est arrivé. La rupture des ligaments croisés du genou a frappé. L’ancienne joueuse du Standard de Liège a regardé les Racingwomen soulever leur sixième titre consécutif depuis l’extérieur du terrain. Elle était championne comme ses partenaires mais un peu différemment aussi. Dans ce silence que connaissent celles et ceux qui ont construit quelque chose et qui ne peuvent pas le finir.
Le troisième rang du Dribble! d’Or qu’elle décroche arrive donc dans ce contexte particulier. Ce n’est pas un prix de consolation car les chiffres n’ont pas cette tâche. Ils sont simplement un constat. Et ce que les observateurs du ballon rond ont pu voir, c’est qu’une joueuse de 20 ans, en une demi-saison, a pesé autant que les meilleures joueuses du championnat. Le reste viendra. Les ligaments se réparent. Les saisons recommencent. Et Caroline Jorge, elle, n’a fait qu’entrouvrir la porte d’une carrière ultra prometteuse.