Niels Michotte : »La plus belle victoire de ma carrière »

Le natif d’Esch-sur-Sûre est le premier Luxembourgeois à remporter l’Enfer du Nord, la mythique course du Paris-Roubaix en catégorie Junior.

Il l’a fait. Niels Michotte a inscrit la « Classique des Classiques » à son palmarès et s’est offert la 19e édition du Paris-Roubaix Juniors, une épreuve majeure alors qu’il est encore mineur.

C’est une fois l’euphorie retombée que le prodige AG2R Citroën U19 Team, après une séance d’entraînement au Portugal, s’est confié à Mental! 

Comment vous sentez-vous après une telle victoire, après avoir remporté l’une des classiques réputée pour être très difficiles? 

J’ai eu le temps de digérer un peu ce qui s’était passé dimanche. Cependant, je n’arrive toujours pas à me rendre compte de ce qu’on a réussi à faire. Gagner un monument même en Junio, il faut que tellement d’éléments soient parfaitement alignés. Esprit, équipe, matériel, jambes, coeur et la gestion de la course. Je dois quand même dire que l’euphorie après la ligne d’arrivée est assez vite passée car j’ai été occupé tout le temps. Je n’ai donc pas eu le temps d’y réflechir dimanche. En prenant du recul, je me dis que c’est clairement la victoire la plus belle de ma carrière et que faire mieux, ce ne sera pas du gâteau. 

Qu’est-ce qui vous a le plus plu dans ce Paris-Roubaix? On a vu qu’il faisait très beau, que le public était venu nombreux, que le vent soufflait dans le bon sens. Les conditions semblaient parfaites… 

Les pavés ! Je me sentais tellement bien dessus, j’étais en parfaire alchimie avec mon vélo. Je roulais sur les pavés et sur les bas-côtés comme sur la route. J’ai adoré chaque mètre de ce secteur, même ceux qui m’ont fait cravacher.  Le public flamboyant et euphorique fut une énorme aide mentale, elle fait pousser des ailes. 

Quels ont été les premiers mots de l’équipe à votre arrivée dans le vélodrome?

« Je te l’avais dit que tu pouvais le faire! et … « je fais trois ». La première phrase résume la confiance qu’on a dans l’équipe, la deuxième s’agissait de Léandre Lozouet, qui a réussi à prendre la troisième place après avoir chassé la moitié de la course à la suite d’un incident mécanique.

Qu’est-ce qui fait le charme d’un Paris-Roubaix selon vous?  Qu’est-ce que vous appréciez dans ce genre de course? 

L’atmosphère, la souffrance sur les pavés, le véldrôme mythique, passer aux mêmes endroits que les pros, ça fait rêver!

Comment vous êtes-vous préparé? Sur quoi avez-vous axé vos séances?

Ma préparation physique n’était pas au top à cause de maladies deux semaines avant la course. Cependant, mon entraîneur m’a concocté un plan d’entaînement pour la semaine avant la course, spécial « édition Roubaix » avec les mêmes genres d’intensité que j’allais subir sur les pavés. Avec l’équipe, nous avons commencé plus de deux semaines avant la course. Effectuer les parcours, voir quel matériel, etc. Tout devait être parfait! 

Savez-vous à combien en moyenne vous avez roulé? On parle de 45.792 km/h pour un Dylan Van Baarle ?

Aux alentours des 42 km/h 

Comment s’est passé la reconnaissance? Avez-vous pu en discuter et prendre quelques conseils auprès d’autres membres de l’équipe?

Super, nous avons eu l’occasion de rouler avec Greg Van Avermaet, Michel Schar et Oliver Naesen. Ils nous ont donné de précieux conseils sur les lignes à emprunter dans les secteurs. Ainsi que la gestion des émotions en cas de problème. De plus, Léandre qui avait fait 11e l’an passé avait déjà une belle expérience des pavés dont il nous a fait part. 

Vous avez fait une chûte en sortie de virage vers Mons. Comment avez-vous trouvé les ressources pour continuer?

Au début, j’étais perturbé, je ne comprenais pas comment j’étais tombé, je me suis relevé aussi vite que possible et j’ai tout de suite relancé dans la bosse suivante. J’ai senti ma main en sang et mon genou gauche arraché mais ça ne m’a pas vraiment perturbé, j’ai tout de suite oublié. Je n’ai jamais perdu l’objectif du regard et je me suis concentré sur la victoire. J’ai repensé aux conseils de Greg’, tout peut se passer, ça fait partie du jeu. 

A quel moment pensez-vous avoir fait la différence sur ces 111 kilomètres? 

Je pense l’avoir fait lors du premier secteur en échappée. Après, en gardant mon rythme, l’écart s’est creusé un peu naturellement. Je pense que ma vitesse constante sur la route et sur les pavés ont conduit à ma victoire, car je ne subissais pas d’à-coups comme dans le peloton. 

Où êtes-vous actuellement? Quel est le programme maintenant?

Je suis au portugal pour une semaine de stage sur piste. Et mes prochaines courses seront le GP E3 et la Course de la Paix. 

Quels sont vos points forts? J’ai cru comprendre que vous admirez beaucoup Wout Van Aert? 

Je dirais mon sprint et mon analyse de la course. Mon style ressemble un peu à celui de WVA, donc je m’identifie un peu à lui. Je ne lui ai en revanche jamais parlé.

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