L’emblématique Ben Vogel revient avec nous sur ce début de saison réussi pour le Victoria Rosport, une équipe qui malgré ses faibles moyens est plus que jamais difficile à bouger.
Comment juges-tu le début de saison ? Forcément beaucoup de positif non ?
Jusqu’à présent beaucoup de positif, c’est ce qui rend la vie et les lundis matin tellement facile. On s’est rendu compte que notre cadre était relativement limité, c’est aussi pour ça que je joue derrière par exemple. Je pense que le coach a trouvé une formule dans laquelle tout le monde se sent très à l’aise. Avec ça, deux victoires et deux matchs nuls sur le début de saison, on est forcément très content.
On avait un peur pour Rosport avec un budget encore plus réduit que la saison passée mais vous déjouez tous les pronostics en ce début de saison : comment se passe l’intégration des nouveaux ?
L’intégration n’est jamais un problème à Rosport. Je pense que c’est aussi l’une des explications de notre début de saison, on est vraiment un groupe très soudé. La plupart des joueurs sont dans le Top 10 des joueurs ayant joué le plus de match en BGL Ligue avec Rosport, donc ça veut dire quelque chose. Avant le club jouait plutôt en PH.
Tu as Kevin Marques, Steinbach, Burger, Bechtold, moi donc la base est relativement solide. À Rosport, on n’a jamais la pression de gagner, donc on prend du plaisir chaque semaine et ça facilite l’intégration car la pression est moindre. On veut évidemment gagner des matchs mais c’est un bon mélange au sein du club, et avec l’expérience qu’on a, on arrive à le faire.
Sans tomber dans le cliché, est-ce que le côté « rigueur allemande » permet aussi aux joueurs de s’intégrer plus facilement au sein d’un cadre plus clairement défini ?
Honnêtement, je ne pense pas. Comme tu dis, je pense que c’est plus du cliché. Si je prends l’exemple de Coco (ndlr : Corentin Baudry), c’est un Français mais il s’intègre super bien. Il a peut-être un peu de mal avec la langue, même s’il dit qu’il comprend presque tout mais je n’y crois pas trop (rires). Mais donc il est bien intégré dans le vestiaire, il boit une bière avec nous, il rigole avec nous et puis les allemands du groupe ont une bonne base de français aussi qui permet de faire en sorte que tout le monde se comprenne.
Je ne vais donc pas dire que les allemands sont forcément plus rigides. Rosport est un club très familial et si un joueur cherche ça, je pense qu’il est au bon endroit dans notre club.
On se fait l’avocat du diable : est-ce qu’avec ce début de saison, les ambitions peuvent-être un peu revu à la hausse ? Ou le maintien reste malgré tout l’objectif principal ?
Objectif champions ! On est devant Differdange, on veut les laisser derrière nous ! (Rires)
Non mais sérieusement, contre Niederkorn, on marque le but alors qu’on n’a pas une occasion… on se regarde et on rigole. On ne sait même pas comment on a fait. C’est tellement génial. Mais l’objectif de la saison reste le même, il y a encore 26 matchs à jouer.
Après, si tu me dis qu’on est encore en haut de tableau à la trêve avec 25-28 points pour avoir une fin de saison plus tranquille, je signe directement. On sait que qualitativement et niveau budget, on ne peut pas se prendre pour un club qui joue les places européennes. Il faut juste se maintenir, et le plus tôt sera le mieux.
On a l’impression que c’est presque plus facile pour vous de jouer contre les gros que contre les petits, car vous n’avez pas à faire le jeu et vous pouvez jouer à fond les transitions… Qu’en penses-tu ?
Oui je suis d’accord. Je dirai qu’on est très fort défensivement. Tactiquement, notre coach est vraiment un spécialiste là-dessus. Le travail qu’il a effectué durant toutes ces années ici se ressent vraiment de ce point de vue-là. Peu importe qui joue. Janik Faldey par exemple, qui joue avec Coco et moi : la saison passée il n’avait fait qu’une dizaine de matchs (ndlr : 14 matchs de BGL Ligue la saison passée) et cette saison il est titulaire indiscutable et très costaud.
Défensivement, c’est dur de nous reprocher quelque chose. Après, avec le ballon c’est plus compliqué. Il faut un peu de créativité, de courage pour créer quelque chose et il nous manque un peu ça. Malgré tout, on montre sur ce début de saison qu’on est capable de marquer contre tout le monde donc ça suffit pour gagner des matchs, même si ce n’est pas toujours beau.
À mon retour de Niederkorn, j’ai dû m’adapter un peu à ne pas toujours produire du beau jeu, mais à la fin, être à la buvette, satisfait d’avoir pris les trois points, c’est le plus important. Tu passes toujours une meilleure semaine quand tu as gagné le week-end. Gagner fait toujours plus plaisir que bien jouer.
C’est vrai que vous avez la réputation d’être une équipe pénible à jouer pour rester poli. Avez-vous conscience d’être « ce genre d’équipe » ?
J’entends ça tout le temps ! Avant le match contre le Progrès par exemple, j’étais avec Vincent Peugnet et Oli Thill, et Vincent me disait « Ohhh vous êtes tellement chiant à jouer… ». On en rigolait tous ensemble, mais c’est clair que c’est une de nos forces. Il faut juste être réaliste devant, car défensivement c’est costaud et intelligent. Et tout le monde fait les efforts. Fredy Kyereh le week-end passé, il a trois ballons à jouer, il met un but et derrière il court 12 kilomètres pour aider l’équipe ! Parfois, ça suffit pour gagner un match. Et ça soude une équipe, chacun court pour les coéquipiers.
Le Party Rent Arena fait partie des stades les plus chauds du Luxembourg : est-ce que tu dirais que parfois, le public aide aussi un peu à aller chercher des résultats à la maison ?
Oui ça nous aide beaucoup. Si tu regardes le nombre de spectateurs, ça ne varie que très peu, mais ce sont toujours les mêmes. En plus, nous avons désormais les Spartinaikos qui viennent nous voir quasiment à chaque match, donc ça met de l’ambiance en plus dans le stade, tout le monde chante. Tu as 50 personnes devant la tribune qui chantent à Rosport, pour une équipe qui joue le maintien ! Ça, c’est vraiment formidable. Et on en revient au côté familial du club, c’est aussi pour ça que je suis revenu ici, c’est ce que je cherchais. C’est l’identité de Rosport.
D’un point de vue plus global, cette saison, les promus se sont bien renforcés : tu penses que ça va être encore plus serré que les saisons précédentes ?
Je pense que ça va être plus serré oui. Il y a un groupe très serré de quelques équipes qui vont se battre en bas de classement. Nous avons une bonne dynamique actuelle, mais ça peut vite changer, que ça soit pour nous ou pour les autres équipes. On verra après la trêve internationale les positions, mais ça va être accroché derrière. En plus, lors de la première journée, il y avait beaucoup de candidats supposés au maintien qui s’opposaient dans des confrontations directes. Donc ça promet du spectacle pour la dernière journée de championnat, où il y aura les mêmes affiches.
Un petit mot sur la nomination de Jeff Strasser sur le banc de l’équipe nationale ?
Je suis très content pour lui. Ce n’est pas pour rien qu’on le surnomme « Jeff national ». Je pense qu’il y a, avec Cardoni et Huet, un bon staff aussi. Jeff est un vrai leader, même si parfois il peut te rendre fou avec sa patience. Mais comme entraîneur d’une équipe nationale, il les voit pendant 10 jours donc il a juste à préparer le match. Après, tu as Sinani qui est en pleine forme donc il va lui dire « Sinani, tu veux qui à côté de toi devant ? Allez on y va ! » (Rires)
Son côté leader et fédérateur va faire du bien, car c’est ce qu’il manquait selon moi.
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