Jaguar Type-E: soixante ans d’une beauté intemporelle

Article issu du magazine Vroom n°6

C’est un anniversaire que les amoureux d’automobiles classiques ne rateraient pour rien au monde. Née en 1961, la Jaguar Type-E fête en 2021 ses soixante ans d’existence. Et le temps qui passe ne change rien à la cote qu’elle conserve auprès de ses possesseurs, tout comme de ses admirateurs. Devenue un des plus grands succès commerciaux, et l’incarnation du style anglais des Swinging Sixties, la Type-E fait partie des voitures les lus mythiques du XXIe siècle.

C’est précisément le 15 mars 1961 que la belle se révéla au public, à l’hôtel-restaurant du parc des Eaux-Vives, au bord du Léman et à quelques encablures de Genève et de son célèbre salon de l’auto: « L’excitation des médias était à son comble: la courte ballade offerte aux journalistes faisait tellement fureur que le fondateur de Jaguar, Sir William Lyons, s’est rendu compte qu’une seule voiture ne suffirait pas » raconte Jaguar dans la fiche historique de la Type-E. « Il a ordonné à un pilote d’essai de partir immédiatement vers les ateliers de Jaguar à Coventry, en Angleterre, et de revenir en Suisse, de nuit, au volant d’une autre Type E». Histoire invraisemblable, et le reflet d’une époque révolue… 

Inspirée de la glorieuse Type-D qui a remporté trois fois les 24h du Mans entre 1954 et 1957, la Type-E offre pour l’époque des performances et une tenue de route qui en font rapidement un succès commercial pour Jaguar. Son capot interminable identifiable du premier coup d’oeil, fait le bonheur des stars de l’époque qui se pressent pour acquérir un exemplaire, avec parmi eux des grands noms du football de l’époque comme George Best, ou des acteurs comme Brigitte Bardot, Tony Curtis ou Steve McQueen, dont on connaît l’amour pour les belles carrosseries: «Dès son lancement, en 1961, la Type E a transcendé le monde automobile. La justesse de ses proportions, son allure et la pureté de sa ligne étaient telles qu’une Type E fait partie de la collection permanente du Musée d’art moderne de New York» rappelle la marque. En plus d’être belle, la Type-E était également une voiture à la technologie d’avant-garde pour l’époque avec ses 4 freins à disques, ses suspensions indépendantes à 4 amortisseurs télescopiques à l’arrière, ses freins montés « inboard » contre le différentiel arrière, sa caisse autoporteuse avec un faux châssis pour supporter le moteur à l’avant, et moteur à double arbre à cames en tête.

«La Type E est devenue un symbole des années 60, au même titre que la mini-jupe et les Beatles»

Première des voitures de sport moderne, la Type-E sera produite au total à 72 584 exemplaires, à travers quatre séries distinctes. La Série 1, produite de 1961 à 1967, propose deux cylindrées moteurs différentes, un 3,8L puis un 4,2L qui atteint les 268,7ch. Déclinée en version coupé et cabriolet, la Type-E proposera ensuite une version 2+2 à partir de 1966. Identifiables grâce à ses phares carénés de verre, des demi pare-chocs antérieurs et postérieurs et un tableau de bord inspiré de l’aéronautique, la Série 1 s’échange à l’époque pour un prix situé entre 43 000 et 61 000 dollars, son marché principal se situant à l’époque outre-Atlantique. 

En 1967, une série spéciale (Série 1/2) à destination des Etats-Unis voit le jour, afin de répondre aux exigences spécifiques en matière de sécurité et de pollution en vigueur sur le marché américain. Elle opère une transition en douceur vers la Série 2, dont la carrière s’étalera elle sur seulement deux ans entre 1968 et 1970. Le carénage vitré des phares disparait, les pare-chocs sont plus hauts et plus enveloppants, l’entrée d’air à l’avant s’agrandit également afin d’améliorer le refroidissement. Si cette Série 2 dénature quelque peu le projet originel, elle est souvent présentée comme la plus fiable des Type-E. 

Puis en 1971, naît l’ultime évolution avec la Série 3. Principale nouveauté mis à part le lifting esthétique, l’arrivée d’un bloc V12 de 5,3L sous le capot. Un gros moteur qu’il faut donc refroidir encore plus que ses prédécesseurs à six cylindres en ligne, d’où la présence d’une grille de radiateur encore plus proéminente qu’auparavant. Cette dernière Type-E commercialisée ne sera disponible qu’en version 2+2. 

«Elle a fait sensation dès son lancement et elle demeure le symbole le plus durable et le plus iconique de Jaguar »

Et bien sûr, cette voiture exceptionnelle est disponible parmi d’autres merveilles présentes chez LL Classic Cars. Son patron Laurent Lefebvre nous dit tout le bien qu’il pense de ce véhicule: « Je les aime toutes les voitures que j’ai ici, mais si il y en a une qui fait consensus à 100% c’est bien la Jaguar Type-E ». Il revient également sur les origines et la provenance de la Type-E actuellement en sa possession: « Il faut savoir que cette voiture-là, comme plus de 80% de la production anglaise des années 60 et 70, est partie aux Etats-Unis. La plupart reviennent donc des Etats-Unis, c’est très rare de trouver des 100% européennes. De toute manière, si vous voyez un volant à gauche, et un compteur en miles, c’est que ça vient des Etats-Unis ou du Canada. En sachant qu’il y a pas de différence technique entre une Type-E produite en 1967 en Angleterre, et partie aux Etats-Unis, et une autre restée en Europe »

Son soixantième anniversaire ne pouvait en tout cas pas passer au second plan, et les raisons et anecdotes au sujet de la Type-E ne manquent pas: « C’est certainement le modèle le plus iconique de toute l’histoire de la production automobile, et même Enzo Ferrari a déclaré que c’était la plus belle voiture jamais construite. Et quand on connait son égo, pour qu’il dise cela, c’est vraiment qu’il n’avait pas le choix, même si cela a dû lui faire mal de l’avouer. Objectivement, la Type-E est une voiture magnifique, et techniquement c’est extraordinaire car elle marche très très fort ». 

Soixante ans après avoir révolutionné l’univers des sportives, le modèle emblématique de Jaguar n’a pas pris une seule ride, et pour fêter cela dignement Jaguar a décidé de célébrer l’anniversaire de la révélation de la légendaire Type E en commercialisant une série de six paires de voitures identiques à celles du salon de Genève 1961. 

Thibaut Goetz

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