
Ancien joueur de première division luxembourgeoise, Alain Palgen a longtemps mené une double carrière : footballeur le week-end, vendeur puis dirigeant d’une concession automobile la semaine. Retour sur le parcours atypique d’un passionné qui a joué jusqu’à 48 ans, avant de rester fidèle au football comme entraîneur puis dirigeant.
Article issu de notre dossier « CEO et passion sport » paru dans notre magazine MENTAL! #40.
Quand Alain Palgen débute sa carrière dans les années 80 au Grand-Duché, footballeur est loin d’être un métier à plein temps. Passé notamment par le Spora Luxembourg, club historique de la capitale, il évolue en division nationale et participe à des campagnes européennes. Mais sur le plan financier, le football ne permet pas de vivre.
« Dans les années 80-90, tu ne trouvais pas ça. Le foot n’était pas au même niveau que maintenant » résume-t-il. Comme beaucoup de joueurs de sa génération, il mène donc une double vie : salarié la journée et footballeur le soir. Une organisation qu’il adopte très tôt dans sa carrière et qu’il conservera pendant des décennies.
En parallèle des terrains, Alain Palgen construit toute sa carrière dans l’automobile. Il rejoint dès 1982 l’entreprise Euromotor, concessionnaire Ford, où il occupe différentes fonctions commerciales et marketing. Plus tard, en 2003, il fonde avec trois associés la société Luxmotor, qui gère deux concessions automobiles et emploie plusieurs dizaines de salariés.
Pendant longtemps, cette activité professionnelle se conjugue avec une présence assidue sur les terrains. « C’était trois ou quatre entraînements par semaine, plus les matchs le dimanche » raconte-t-il. Les semaines sont donc réglées avec précision. La journée est consacrée au travail, les soirées au football. Et le dimanche, impossible de prévoir autre chose qu’un match : « Ça ne valait pas la peine de m’inviter le dimanche pour venir manger, parce qu’il y avait toujours un match. »
Pour réussir à tenir ce rythme, l’organisation familiale devient essentielle. Son épouse joue un rôle déterminant dans cet équilibre. « Beaucoup de compréhension de madame, sinon ça ne peut pas marcher » reconnaît-il.
Le couple se répartit les tâches du quotidien. Le matin, Alain Palgen s’occupe des enfants avant de partir travailler. « C’était toujours moi qui étais là pour préparer les enfants pour l’école. » Le reste de la journée et des soirées repose souvent sur son épouse, pendant qu’il enchaîne entraînements et déplacements. Une organisation qui devient vite une routine familiale.
Entre le travail, le football et la vie de famille, la fatigue est parfois présente. « À 32 ans, quand j’étais joueur-entraîneur avec deux enfants, oui là c’était dur physiquement. » Mais il ne regrette rien, puisque de son aveu même, « c’était mon propre choix. »
Très tôt dans sa carrière sportive, Alain Palgen endosse aussi un rôle d’entraîneur. À seulement 25 ans, il devient joueur-entraîneur dans plusieurs clubs du pays, notamment à Hobscheid.
Cette double responsabilité renforce encore la charge de travail. Dans la gestion d’une équipe de vente comme dans celle d’un vestiaire, les principes restent similaires : « Tu ne peux pas comprendre que quelqu’un ne se donne pas à 100 % ». Pour lui, montrer l’exemple est tout aussi important que de tirer le groupe vers le haut.
Une manière de souligner que le leadership passe avant tout par l’exemplarité. « Si je gère une équipe de vente, je dois aussi montrer l’exemple et être un leader. Sinon ça ne peut pas fonctionner. »
« La vente, c’est aussi un petit jeu : si tu vends, tu as gagné »
Aujourd’hui âgé de 65 ans, Alain Palgen a quitté les terrains mais pas le football. Il a longtemps poursuivi une carrière d’entraîneur puis de dirigeant sportif, notamment comme directeur sportif de l’Alliance Aischdall jusqu’au printemps 2025. Côté professionnel, l’aventure entrepreneuriale se poursuit également. La société Luxmotor a été rachetée en 2025 et Alain Palgen assure encore la transition auprès des clients. Comme pour le foot, le sexagénaire fait du rab.
Après plus de quarante ans de carrière dans l’automobile et presque autant dans le football, il résume sa trajectoire avec simplicité : deux passions menées de front. « La vente, c’est aussi un petit jeu : si tu vends, tu as gagné. » Un peu comme sur un terrain de football.