
Le FC Metz a annoncé ce mercredi 4 novembre le décès de Carlo Molinari, à l’âge de 93 ans. Président des plus grandes heures du club, le dirigeant lorrain laisse un héritage qui dépasse largement les trophées et les frontières.
Il avait vu passer les générations, les joies immenses et les saisons difficiles, sans jamais s’éloigner bien longtemps de Saint-Symphorien. Avec Carlo Molinari disparaît une figure majeure du football français, mais surtout un homme dont l’histoire se confond avec celle du FC Metz.
Né à Villerupt en 1933, cet entrepreneur, ancien champion de France de motocross, prend la présidence du club en 1967, à 34 ans. Il l’occupe jusqu’en 1978, puis de nouveau de 1983 à 2009, avant de transmettre le relais à Bernard Serin. Plus de trois décennies à construire, défendre et incarner une institution qu’il contribue à installer durablement parmi l’élite.
Les souvenirs de cette époque appartiennent au patrimoine du football français : les Coupes de France de 1984 et 1988, les Coupes de la Ligue de 1986 et 1996, et cette invraisemblable victoire au Camp Nou en 1984, quand Metz renverse Barcelone (4-1). En 1998, les Grenats frôlent même le titre de champion, devancés par Lens à la seule différence de buts. Des succès, des exploits et des regrets immenses, partagés par plusieurs générations de supporters.
Son empreinte se mesure aussi aux joueurs qui ont grandi sous sa présidence. Patrick Battiston, Sylvain Kastendeuch ou Robert Pirès racontent chacun une part de cette histoire. Derrière les résultats, Molinari défendait un club attaché à la formation et aux relations humaines. Passer la main en 2009 n’avait pas rompu ce lien : il était resté une présence familière de la maison grenat.
Des liens avec le Luxembourg
Au Grand-Duché aussi, son parcours trouve un écho. Sous sa présidence, Nico Braun devient l’un des grands buteurs messins dans les années 1970. Jeff Strasser y termine ensuite sa formation et s’impose chez les professionnels, avant de revenir au club en 2007. C’est également durant l’ère Molinari que Miralem Pjanić, formé à Schifflange, rejoint Metz en 2003.
Dans son hommage, le FC Metz a salué son engagement, sa fidélité et son humanité. « Votre histoire restera à jamais liée à celle des Grenats », écrit le club. À Saint-Symphorien, les hommes et les souvenirs qu’il laisse continueront de raconter Carlo Molinari.