
La saison 2025-2026 a rapidement confirmé que le projet mondorfois, comme il aime le répéter, n’était pas un vœu pieux.
La résilience de l’équipe face aux aléas que sont la gestion de nombreuses blessures et des matchs en infériorité numérique a témoigné d’un groupe soudé et façonné par un entraîneur lucide et sûr de son fait. C’est à lui aussi qu’on doit des replacements efficaces sur le rectangle vert comme celui de Dwayn Holter en charnière centrale.
Le Dribble! d’Or du meilleur entraîneur de BGL Ligue vient couronner cette saison de haute volée. Une récompense individuelle qui raconte, au fond, une magnificence du collectif. On ne transforme pas un club en un été sans faire grandir des hommes. Deichelbohrer incarne cette figure de l’entraîneur-bâtisseur, loin des effets de manche, attentif à ne pas trop tirer sur la corde de ses joueurs tout en leur fixant des objectifs ambitieux. Son avenir à Mondorf promet de s’inscrire dans la durée et les ambitions, elles, pointent plus que jamais vers l’Europe.
Quand le président Christian Strasser et ses adjoints de l’US Mondorf ont décidé de confier les rênes du club à Jérémy Deichelbohrer en mai 2025, afin de remplacer David Zitelli parti vers Virton, ils savaient qu’ils frappaient un grand coup. Le natif de Belfort, formé à Sochaux où il a côtoyé des joueurs comme Jérémy Ménez, n’était pas seulement un ancien gardien de but professionnel reconverti. Il était surtout l’entraîneur le plus courtisé de la Grande Région, celui qui avait failli emmener la modeste Entente Sportive de Villerupt-Thil vers des sommets nationaux inattendus. La Jeunesse d’Esch l’avait également approché avant de jeter son dévolu sur Reinhold Breu.
Mondorf, lui, n’a pas lâché le morceau. Et le club de la cité thermale ne le regrette absolument pas. Pourtant, dès sa prise de fonction le 1er juillet 2025, le longiligne technicien a dû composer avec un contexte délicat. Le secteur offensif avait été saigné. Bekkouche était parti à Hostert, Far à Dieppe et Hasanbegovic avait lui aussi plié bagages, emportant avec eux des buts et des passes décisives. La reconstruction était inévitable. Le technicien l’a abordée avec sérénité et méthode pour construire un projet cohérent. Engagé pour deux saisons, il a posé les fondations d’une identité de jeu collective, exigeante et reconnaissable.