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Federico Morritti
© Fédération Luxembourgeoise de Football
16/03/2026

Entretien avec Federico Morritti, ostéopathe des Rout Léiwen

Le 13 juin prochain tiendra la première conférence organisée par l’Association Luxembourgeoise des Ostéopathes (ALDO). L’objectif de cet événement : mettre en avant la place de l’ostéopathie dans le sport ainsi que dans les performances sportives. Rencontre avec Federico Morritti, ostéopathe indépendant, membre de l’ALDO et également ostéopathe de l’équipe nationale et du FC Differdange 03.

MENTAL! : L’Association Luxembourgeoise des Ostéopathes (ALDO) organise sa première conférence le 13 juin prochain. Pourquoi est-ce que c’était important de lancer cet événement ?

Il nous semblait important d’organiser cette conférence, en premier lieu, pour faire connaître l’ostéopathie au Luxembourg. Mais aussi, sensibiliser face à l’importance de cette approche pour la prise en charge globale des patients et entre autres des athlètes. On voulait également mettre en lumière le travail que fait l’ALDO et qui s’engage activement pour structurer la profession, promouvoir une pratique d’égalité et renforcer la place de l’ostéopathie dans la santé au Luxembourg. C’étaient vraiment les deux objectifs principaux.

Comment est née l’idée de cette première édition, “Osteopathy in Sport: A Strategic Advantage” consacrée à la place de l’ostéopathie dans le sport ?

On avait déjà constaté que l’ostéopathie occupait une place très importante dans le domaine du sport. On s’est dit que ce serait bien de consacrer cette première conférence à cette thématique, pour mettre en avant la collaboration entre l’ostéopathie, le sport et toutes les figures autour de l’athlète, comme les kinés, les médecins, les coachs, …

Pourquoi parle-t-on « d’avantage stratégique » quand on évoque l’ostéopathie dans le sport ?

On parle d’avantage stratégique, parce qu’en fait, l’ostéopathie dans le sport a une approche qui ne s’allie pas uniquement au traitement d’une blessure. L’ostéopathie répond plutôt sur une notion de globalité. C’est un principe fondamental selon lequel les corps fonctionnent comme une unité, et toutes les structures sont interconnectées. Ce n’est pas traiter les symptômes, mais plutôt rechercher l’origine réelle du trouble. Par exemple, les restrictions de mobilité ou l’intervention mécanique. Si vous avez mal au pied, on peut aller chercher la cause de la douleur qui peut venir du genou, du bassin… C’est une perturbation bio-mécanique. Cette capacité à analyser le corps dans son ensemble permet également de notifier les facteurs intervenants dans l’horizon à des contraintes mécaniques.

Concrètement, comment l’ostéopathie aide-t-elle un athlète à être plus performant sur le terrain ?

Il n’y a pas que l’ostéopathie qui va rendre plus performant un athlète sur le terrain. C’est un ensemble de choses. Je pense que c’est l’ensemble d’un staff qui a une bonne communication avec les joueurs, qui a une bonne communication avec le staff technique. Et l’ostéopathe joue un rôle clé ! La performance d’un joueur, c’est construire une équipe. Et l’ostéopathie contribue à créer les conditions climatiques pour qu’elle puisse s’exprimer. C’est un travail de fond, un travail de prévention, un travail à travers l’analyse des charges de l’athlète. Enfin, l’ostéopathie a un rôle important dans le sport, mais il n’y a pas que l’ostéopathe qui joue un rôle important dans le sport.

Est-ce que l’ostéopathie peut réellement prévenir les blessures ? Et est-ce qu’un sportif doit justement consulter uniquement en cas de douleur ou aussi en prévention ?

En fait, les ostéopathes sont tous magiciens ! On a étudié avec Harry Potter (rires). Dire que l’ostéopathie peut prévenir une blessure, c’est trop… Je pense que l’ostéopathie, à travers un staff et un travail pluridisciplinaire autour de l’athlète, peut prévenir une blessure. Mais c’est un travail collectif. L’ostéopathie doit être inclusive, notamment avec le staff, pour qu’on puisse travailler dans la même direction et prévenir la blessure.

Par exemple, lors de la conférence, il y aura un ostéopathe qui est aussi dentiste. Il va nous parler de l’hygiène bucco-dentaire. Il y a beaucoup d’études qui montrent que si l’on n’a pas une bonne hygiène dentaire, on peut avoir une inflammation. Cette inflammation peut aller se localiser sur des tendons. On peut avoir un joueur qui a beaucoup de douleurs au niveau des abducteurs. On lui fait des soins mais on voit qu’il ne s’en sort pas avec cette blessure. Finalement, on va à la source et on s’aperçoit que c’est son hygiène bucco-dentaire qui n’est pas bonne.

Comment vous, ostéopathes, travaillez et collaborez avec les autres acteurs de la performance : préparateurs physiques, médecins, analystes data, entraîneurs ?

Ça, c’est une bonne question ! Une chose très importante : nous, on donne des informations, on fait une séance sur les joueurs, on décrit ce qu’on voit par rapport à notre expérience. Et après, on doit décrire tout ça aux médecins, aux kinés, aux coachs sportifs, aux staffs techniques… Mais la chose la plus importante, c’est de bien communiquer. Si on fait un traitement, on doit expliquer comment ça s’est passé. On peut même dire : « Écoute, je pense que ce joueur-là, il a beaucoup de charges, donc il serait mieux qu’il se repose un peu ».

Il y a des études qui ont été faites là-dessus, montrant que s’il n’y a pas une bonne communication entre le staff médical et le staff technique, il y a beaucoup plus de pourcentage d’avoir des blessures de joueur ou d’athlète. Au final, ça ne change pas d’un médecin, d’un kiné, d’un coach, ou d’un préparateur physique. Le préparateur physique est plus sur la performance par rapport à l’entraînement, aux charges… L’ostéopathe regarde le corps dans sa globalité.

Aujourd’hui, le sport est très axé sur la data et la technologie. On peut se demander si l’ostéopathie arrive encore à trouver sa place dans cet environnement très scientifique ?

Nous sommes aussi assez scientifiques. On essaie de se battre sur de l’ostéopathie qui est basée sur de la médecine. Mais c’est évident que ces données, ces datas sont très bien parce qu’elles nous sont très utiles. Elles peuvent confirmer certaines choses que l’on voit et que l’on analyse avec les mains tout simplement ou avec des tests. Donc, elles peuvent confirmer ou dire : « Ah non, là, il y a un problème, donc il faut travailler d’une autre manière ».

Si on a la situation entre les analyses des données, l’expertise du staff et l’évaluation clinique cela permet d’affiner la compréhension et les fonctionnements de la tête. Pour moi, ces datas, sont des choses très intéressantes. C’est utile non seulement à l’ostéopathe, mais aussi au kiné, et bien sûr au préparateur physique. Finalement, en tant qu’ostéopathe, comme les kinésithérapeutes, les chirurgiens ou toutes les personnes qui travaillent avec leurs mains, je pense qu’il y a quelque chose au feeling que toutes ces datas ne peuvent pas remplacer.

La conférence va réunir des experts européens reconnus, dont le Directeur de la performance sportive de Manchester City. Qu’apporte ce type de regard international au développement de l’ostéopathie au Luxembourg ?

Ça permet de découvrir d’autres méthodes de travail, d’autres organisations du staff et différentes approches de la performance. Par exemple, Federico Genovesi qui vient à la conférence, est initialement kinésithérapeute. Puis il a voulu devenir ostéopathe donc il a fait une formation pour cela. Il est vraiment fasciné par le mouvement humain et par les mécanismes qui permettent d’optimiser la performance. Il a fondé une application qui vise à regrouper et à faciliter la communication entre différentes professions de santé. C’est un dispositif où toutes les informations relatives au traitement d’ostéopathie, de kinésithérapie et au traitement en général, sont regroupées. Il y a des statistiques, on voit comment les joueurs évoluent, c’est juste incroyable ! Les profils comme Federico Genovesi ont une grande expérience sur le terrain, un plus haut niveau et donc on peut observer cette méthode de travail. Ça permet aussi de voir que les différentes professions peuvent collaborer ensemble et peuvent arriver à des buts très intéressants, surtout d’un point de vue de la prise en charge mentale.

Est-ce que cette conférence est le début d’un rendez-vous annuel ? Avez-vous déjà une vision pour les prochaines éditions ?

On espère ! Le but, c’était de créer cette conférence. Personnellement, j’ai déjà une idée en tête pour la prochaine édition. Vous savez, l’ostéopathie peut se combiner à plusieurs thématiques. On va déjà rester focalisé sur cette édition, en espérant que tout se passe très bien, que les gens soient contents. Mais lors de la prochaine édition, on pourrait peut-être traiter la prise en charge des enfants. L’ostéopathie pédiatrique, par exemple. Il y a beaucoup d’études là-dessus qui montrent que l’ostéopathie peut avoir un grand impact sur la prise en charge des bébés et des enfants. C’est très intéressant, mais pour l’instant, on reste bien focalisé là-dessus.

Si vous deviez faire passer un message clair et percutant sur la place de l’ostéopathie dans le sport lors de cette conférence, qu’est-ce que ça serait ?

Je reviens sur cela parce que c’est quelque chose que j’aime bien et je trouve que c’est très important dans l’ostéopathie. Tout le monde doit y prêter attention : c’est l’historique. Si on connaît notre histoire, on sait où on veut aller. Le fondateur de l’ostéopathie, Andrew Taylor Still, disait qu’il fallait libérer la structure pour élever la performance. J’ai donc un peu changé son aphorisme et je l’ai mis dans le côté sportif. L’ostéopathie n’est pas la solution unique, on peut apporter une lecture fonctionnelle du corps et du mouvement. Le rôle de l’ostéopathie est d’aider le corps à retrouver sa mobilité, son équilibre et sa capacité d’adaptation aux charges. Et encore une fois, la performance, pour moi, ça se construit en équipe. L’ostéopathie contribue à créer des conditions optimales pour qu’elle puisse s’exprimer. C’est ça qu’on veut donner comme message clair.

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