
Depuis la terre d’argile du centre-ville jusqu’à son emplacement actuel, retour sur un siècle d’histoire d’un stade témoin des ambitions sportives et des joies collectives de l’US Mondorf.
Baptisé du nom de « l’homme le plus fort du monde », enfant de la cité thermale devenu légende, l’écrin incarne aujourd’hui l’identité et la puissance d’une commune.
Il est des lieux qui dépassent leur fonction première pour devenir des repères de mémoire collective. Le stade John Grün en représente l’exemple parfait. Son histoire commence au cœur de Mondorf-les-Bains, où se trouvait, il y a un siècle, le premier terrain de football. À cette époque, un accord singulier liait la commune à un agriculteur. Contre 50 francs luxembourgeois, celui-ci s’engageait à ne rien planter pendant une saison afin que les jeunes de la ville puissent taper dans le cuir. Situé en plein centre, ce terrain constitué d’argile humide, restera longtemps le bastion du football mondorfois. Mais la pression immobilière et l’impossibilité d’expansion finiront par pousser la commune à un choix stratégique, celui de vendre l’emplacement historique – où s’élève aujourd’hui la mairie – pour financer une nouvelle enceinte moderne à la périphérie où celui-ci se trouve encore aujourd’hui.
La construction du nouveau stade ne fut pas un long fleuve tranquille. Obligée par la loi de retenir l’offre la moins chère, la commune se retrouve rapidement face à la faillite de l’entreprise adjudicataire. Pendant que le chantier piétine, l’ancien stade a déjà été rasé. Les Mondorfois doivent alors jouer provisoirement chez les voisins d’Aspelt.
Quand la pelouse est enfin livrée, d’autres imprévus surgissent. Le chantier du terrain synthétique s’arrête net après la découverte de vestiges gallo-romains. Et pour les vestiaires ? Trois containers sans fenêtres, où s’entassent joueurs et arbitres. « Le système D » se souvient, dorénavant avec le sourire, le président de l’US Mondorf Christian Strasser. Le premier match officiel aura finalement lieu le 17 septembre 2003 contre Echternach. La victoire au bout.
Au fil des ans, le stade a connu plusieurs retouches. Le terrain synthétique a été remplacé à deux reprises, la pelouse naturelle a été refaite par une main de maître en la personne de Christophe Brandenburger alors qu’un tableau d’affichage moderne avait été installé dès la montée en BGL ; une première à l’époque. Récemment, la commune a construit de nouveaux espaces de stockage et un projet d’agrandissement de la buvette est à l’étude pour le club qui évolue en BGL Ligue depuis treize ans. Les vestiaires, jugés aujourd’hui vieillissants, devraient, eux aussi, bénéficier de travaux.
Si le stade vit au rythme des week-ends de championnat, il a aussi accueilli des rendez-vous d’exception. Comme ce match mémorable, sous les yeux d’une foule record, entre la sélection nationale et le Borussia Mönchengladbach, à l’époque de Dick Advocaat et de Giovane Élber. Ou encore les barrages récents pour l’accession à la BGL Ligue, avec plus de 2 500 spectateurs venus vibrer pour un Rumelange-Fola mémorable.
Alors que s’annoncent de nouvelles rénovations, la valeur du stade John Grün réside dans son authenticité. À Mondorf-les-Bains, on ne parle pas du « stade » comme d’un simple terrain de football. On en parle comme d’un lieu où se tissent le lien social autant que la performance sportive. Et c’est sans doute cela, la véritable force du stade John Grün. Comme celui qui lui a donné son nom, il est le reflet fidèle d’une communauté qui, chaque dimanche, continue de croire à ses rêves.
Jocelin Maire
Mental Médias SARL
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