Guillaume Wilke : « La Post esports Masters League espère vite retrouver le public »

Les Post Esports Masters League se sont achevés il y a peu. Quel bilan pouvez-vous tirer de cette compétition ?

C’est extrêmement positif. On peut notamment remarquer une vraie professionnalisation du marché Luxembourgeois sur l’e-sport. On voit clairement la différence par rapport à la Saison 1 de l’année dernière. On a senti que cette édition a été beaucoup plus prise au sérieux par les joueurs qui voulaient vraiment remporter la compétition. À titre d’exemple, nous avions déjà l’an dernier des joueurs confirmés comme Shadow, qui est le joueur du Standard de Liège sur FIFA. C’était le seul joueur professionnel inscrit dans cette compétition. On a bien senti que l’année dernière, il avait joué en levant le pied alors que cette année, il y avait une vraie différence de mentalité. Il était la pour gagner, c’était une compétition qui lui tenait à coeur. D’ailleurs, il est allé en finale mais malheureusement il a perdu.

On peut donc parler d’une véritable élévation de niveau ?

Absolument. On l’a vu très rapidement. Ce qui est intéressant, c’est que nous avons trois vainqueurs différents sur trois jeux cette saison par rapport à la précédente édition. Certaines équipes comme Brotherhood of the Red Lion étaient bien moins à l’aise pour ces Post Esports Masters League du fait de l’élévation notable du niveau de jeu global. Aussi, ce qui est extrêmement encourageant est l’augmentation de femmes présentes dans les qualifications. Cela a augmenté de 150% entre saison 1 et saison 2. C’est quelque chose de rafraîchissant de voir que des filles commencent à vraiment s’intéresser à ce monde.

A t-il été difficile dans une année encore influencée par le COVID de mener à bout la compétition ?

Les finales, assurément cela a été un challenge. Il fallait récupérer toutes les autorisations de la part du groupe Post. Nous sommes propriétaires du concept, donc Post devait évidemment valider en interne la tenue de l’event. Mais au delà de ça, jongler avec les contraintes sanitaires imposées par le Kinepolis de Kirchberg où se tenait l’événement et bien entendu les contraintes réglementaires du pays n’a pas toujours été simple. Par contre, l’avantage sur la saison régulière, et de l’e-sport en général, c’est qu’on ne s’arrête pas, y compris pendant le COVID, et que chacun peut jouer de chez soi. Maintenant, et c’est à noter, la vraie déception a évidemment été de ne pas pouvoir accueillir de public, ce qui est toujours malheureux dans ce genre d’évènements. On espère vite le retrouver lors de la prochaine saison.

Quels sont les axes à améliorer pour garantir une visibilité encore supérieure ?

On essaye d’avoir avant tout la reconnaissance des développeurs de jeux vidéos. Sur la première année on a eu l’accréditation de Riot Games, ce qui nous permettait d’avoir une licence pour organiser un tournoi officiel. Pour FIFA et Clash Royale, on est en contact avec les développeurs que sont EA Sports et Supercell. En ce qui concerne la visibilité, il nous manque encore une petite officialisation et reconnaissance du gouvernement pour l’e-sport au Luxembourg. On voit en analysant les pays limitrophes que sont la France et l’Allemagne où l’e-sport est une discipline officielle et reconnue par le comité olympique que nous avons encore quelques années de retard ici au Grand-Duché. Mais cela progresse.

La présence du Ministre de l’Economie pour les finales montre t-elle que les institutions commencent à se rendre compte de l’importance de l’esport aujourd’hui ?

On l’espère. Cela a été une très bonne surprise de voir Monsieur le Ministre venir à nos finales. Il nous avait prévenu à l’avance qu’il essaierait de répondre présent. Il était présent en tant que Ministre de tutelle, mais ça reste un très beau signe envoyé à cette discipline, ce genre d’évènements et tout l’éco-système de l’e-sport au Luxembourg et dans la Grande Région. On peut d’ailleurs voir sur les photos des vainqueurs qui reçoivent la coupe de la part d’un Ministre leur joie et leur fierté. C’est tout de même une sacrée expérience.

Envisagez-vous de repartir sur les mêmes jeux l’an prochain, ou pourrait-on assister à un catalogue différent ?

On essaye d’améliorer notre portefeuille de jeu. Malheureusement je ne peux pas vous en dire plus, à part que nous allons revenir avec au moins une belle surprise.

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